BNP Paribas Fortis planifie la mise en congé d'un cadre sur six

©BELGA

Un cadre de direction sur six a reçu une proposition, un "early departure plan". Dans la première banque du pays, le nombre de managers ne baisse pas aussi vite que le reste des effectifs…

Environ 200 cadres de direction chez BNP Paribas Fortis ont reçu ces derniers mois une proposition de départ anticipé, a appris L’Echo. La banque ne souhaite pas commenter l’information.

Les cadres concernés sont appelés à signer pour un départ d’ici à fin 2020. La première banque du pays compte actuellement quelque 1.200 cadres de direction. D’ici deux ans, elle aura donc vu partir un manager sur six. En tout, BNP Paribas Fortis emploie 13.000 équivalents temps plein.

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cadres
La proposition de départ anticipé présente des conditions comparables à celles proposées lors du plan précédent, en 2014, pour lequel 265 cadres avaient signé.

Selon nos informations, la proposition de départ anticipé (en interne, on dit "early departure plan", EDP) présente des conditions comparables à celles proposées lors du plan précédent, en 2014, pour lequel 265 cadres avaient signé. À savoir: avoir au moins 57 ans et 20 ans d’ancienneté.

Le mécanisme reste lui aussi le même: le cadre perçoit 50% de sa rémunération fixe (complétée par une allocation de l’Onem, dite crédit-temps de fin de carrière). Il est dispensé de toute prestation, la banque continue à alimenter l’assurance-groupe à 100% et maintient l’assurance-hospitalisation.

Rattrapage

Pourquoi cette volonté de faire baisser le cadre de la banque? Il semblerait que le nombre de managers baisse proportionnellement moins vite que le reste des effectifs, il y aurait donc un certain retard à rattraper du côté du cadre. Histoire de ne pas garder plus de managers qu’il n’en faut dans une maison dont les effectifs ne cessent de diminuer graduellement. Début 2013, BNP Paribas Fortis employait 5.000 collaborateurs de plus qu’aujourd’hui.

Les débuts de la nouvelle DRH, Sandra Wilikens, s’annoncent musclés.

La baisse des effectifs n’est pas près de s’arrêter, comme ailleurs dans le secteur financier (banques, assurances). La digitalisation galopante, la concurrence de pays moins chers en termes de coût du travail (qui attirent à eux des départements IT ou administratifs) et la faiblesse persistante des taux d’intérêt directeurs (qui mange la marge des banques) conjuguent leurs effets dévastateurs sur l’emploi. Pour un bon moment encore.

Grosses négociations sociales en vue

Il ne fait aucun doute que les effectifs se réduiront encore à l’avenir dans les banques, chez BNP Paribas Fortis notamment. Des négociations vont d’ailleurs s’y ouvrir d’ici peu entre direction et syndicats. Il devrait notamment y être question de nouvelles réductions d’emploi.

La nouvelle DRH, Sandra Wilikens ©Frank Toussaint

Ce sera le baptême du feu pour Sandra Wilikens (50 ans) qui, à la fin de ce mois, remplacera Bert Van Rompaey à la direction des ressources humaines. Celui qui a révolutionné le modèle salarial de la banque en y introduisant le mécanisme des "units", ces points convertibles, a décidé de reprendre des études pour se spécialiser dans la transformation des entreprises, en vue de développer un business dans le domaine.

La fin de l’année s’annonce musclée pour Sandra Wilikens et ses équipes, de même que pour les représentants syndicaux de la banque. Ils commenceront par débattre d’une nouvelle réduction du réseau d’agences, qui sera discutée en interne dès la semaine prochaine. L’objectif de la banque serait de fermer une cinquantaine d’agences en 2019.

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