Bientôt, tous nos comptes sur une seule app

©KBC

KBC en tête, les banques belges vont lancer la version multibancaire de leur app: le client y retrouvera aussi les comptes à vue détenus dans d’autres banques. C’est là le premier effet d’une nouvelle directive européenne (dite PSD2) censée augmenter la concurrence dans le domaine des paiements. La directive prévoit aussi la possibilité de partager des données bancaires avec des tiers.

La banque via smartphone, c’est facile et efficace et c’est bien pour cela que de plus en plus de monde y vient. Mais est-ce encore aussi facile et efficace quand les applications bancaires s’ajoutent les unes aux autres sur le smartphone? La réponse est non et c’est ce qui pousse les banques à développer une appli multibancaire: sur l’appli de sa banque principale, le client aura accès, s’il le souhaite, à ses autres comptes auprès de la concurrence.

La première maison à dégainer sur ce terrain est KBC. Le 20 mars, annonce-t-elle, les clients particuliers de ses trois enseignes belges (KBC en Flandre, CBC en Wallonie, KBC Brussels dans la capitale) pourront consulter le solde de leurs comptes à vue détenus chez Argenta, Belfius, BNP Paribas Fortis et ING. Les paiements seront possibles avant l’été, annonce KBC. En seconde partie d’année, la banque lancera une formule multibancaire pour sa clientèle d’entreprises. Ces dernières n’attendent sans doute que cela: un seul tableau de bord avec l’ensemble des comptes de la maison, qu’ils soient estampillés KBC ou non.

Et la concurrence? Chez Belfius, l’app multibancaire sera disponible "en juin", nous indique-t-on et ce, pour la consultation du solde comme pour les paiements. BNP Paribas Fortis devrait pour sa part dévoiler cette semaine une innovation dans le même esprit. Quant à ING, "c’est dans le pipeline".

Bref, tout le monde s’y met. L’idée est à chaque fois de permettre au client d’avoir une vue consolidée de ses comptes de base et donc, de n’utiliser qu’une seule app, celle de sa banque principale.

Concurrence

Ce faisant, les banques tirent parti d’une évolution réglementaire importante, celle voulue par la directive européenne dite PSD2 (pour "payment service directive") et dont l’objectif est de développer la concurrence dans le marché des paiements. La directive est d’application depuis le 13 janvier dernier mais la transposition en droit belge est toujours en cours.

D’ici peu, les banques actives en Belgique devront permettre à des tiers (des banques mais aussi d’autres entreprises de services: un Amazon, un Netflix ou un Proximus, par exemple) d’accéder aux comptes d’un client voire même d’initier un paiement.

Pour ce faire, deux préalables: l’entreprise tierce aura dû obtenir le feu vert de la Banque nationale et du client. Le client décide donc qui, en dehors de sa banque, à accès à ses données bancaires.

L’objectif est de favoriser des paiements électroniques "moins chers, plus sûrs et plus innovants", selon la Commission européenne. Il faudra convaincre le consommateur belge qui, pour l’heure, répond "bof".

C’est ce qu’il ressort en tout cas d’un sondage réalisé par Profacts pour le compte de KBC auprès d’un millier de consommateurs belges, clients de la banque ou non.

La tendance est nette. D’abord, 85% des sondés n’ont encore jamais entendu parler de PSD2. Logique, pour un sujet atrocement technique et qui n’a pas encore fait sentir d’effets concrets.

Ensuite et surtout, huit Belges sur dix (81%) refusent le partage de données financières avec des tiers. La banque y voit un "tabou" belge.

En particulier, 82% des sondés ne confieraient "jamais" leurs données financières aux réseaux sociaux, 62% aux entreprises internet (Google et autres Yahoo), 46% aux entreprises d’e-commerce.

Ils ne sont par contre que 11% à refuser le partage de données avec d’autres banques. Autrement dit, les agrégateurs de comptes devraient être rapidement adoptés.

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