BinckBank va rémunérer le prêt de titres

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Désormais, les clients de BinckBank qui acceptent que leurs titres soient prêtés à des tiers (adeptes du short selling) seront rémunérés. Les intérêts engrangés seront répartis à fifty/fifty entre le broker et le propriétaire du titre.

Le broker en ligne BinckBank annonce qu'il va désormais rémunérer les clients qui acceptent (via l'activation de cette option) de prêter leurs titres à un tiers. Le broker, après déduction des frais administratifs, reversera 50% du gain à l'investisseur qui a mis ses titres à disposition. Les investisseurs qui empruntent des titres versent en effet un intérêt dont le taux est défini à l'avance (par exemple, 5% par an) à l'institution qui lui prête les titres dont il a besoin. C'est le montant de cet intérêt qui reviendra désormais à moitié à l'investisseur particulier. 

Pourquoi prêter ses titres?

Ou plutôt, qui voudrait vous emprunter des titres? C'est une opération nécessaire pour les investisseurs qui veulent parier sur la baisse d'une action ("shorter"). Imaginons un investisseur qui est persuadé que l'action X va baisser. Comment tirer profit de son intuition? Il emprunte le titre de l'action X à un institutionnel (ou pourquoi pas un client de BinckBank, du coup). Au moment de cet emprunt, elle vaut 100. Il la vend à 100. Il attend qu'elle baisse. Quand elle a assez baissé à son goût, il la rachète. Disons à 90 euros. Et il la rend à son propriétaire. Il aura gagné 10 euros avec cette opération. Et le propriétaire aura touché des intérêts. 

Chez Leleux Associated Brokers, Olivier Leleux confirme que le prêt de titres ne rentre pas dans la philosophie de la société de bourse. "Cela permet à des acteurs de vendre "short" des titres qu'ils n'ont pas. Si cela peut renforcer la liquidité d'une valeur, cela renforce surtout la spéculation sur le titre. Et nous avons de nombreux exemples des dégâts que la spéculation à la baisse sur un titre a déjà causé de par le passé". Il n'y a donc jamais d'emprunt ni de prêt de titres chez Leleux. 

Même constat chez Keytrade Bank. "Nous allons même plus loin", explique le porte-parole Roel Vermeire, "en demandant à nos dépositaires et nos correspondants qu'ils ne prêtent pas les titres de nos clients. Pour nous, cela représente des risques. Quid si l'emprunteur ne peut pas rembourser? Et puis en termes d'informations à donner au client, ce serait un travail très intensif car la transparence doit être totale. Et enfin, pour avoir un certain rendement dans ce type d'opérations, il faut que l'investisseur dispose de positions énormes, prêter quelques titres ne rapporte pas grand chose", conclut-il. 

Risque

Selon Fadwa Lahssini, porte-parole de BinckBank, l'intérêt de prêter ses titres concerne surtout les clients qui ont des actifs statiques. "Même s'ils ne font rien avec leurs titres, les prêter peut générer du rendement supplémentaire", explique-t-elle. Mais que se passe-t-il si votre emprunteur ne peut plus vous rendre votre action ? "Ce risque repose sur BinckBank, pas sur le client", précise-t-elle. A noter qu'il est aussi tout à fait possible de vendre un titre alors qu'il est en prêt chez un tiers. 

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