analyse

Comment la digitalisation bouleverse notre relation à la banque

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De moins en moins d'agences, des applications mobiles qui ont le vent en poupe, une meilleure vue de leurs comptes: les Belges n’ont plus la même attitude à l’égard de leur banque qu’il y a une quinzaine d'années.

L'effet le plus visible de la digitalisation dans le monde bancaire est sans conteste le recul continu du nombre d'agences. Fin 2018, il en restait encore 5.133, contre 5.896 un an plus tôt et plus de 8.250 fin 2008, selon les statistiques communiquées ce mercredi par Febelfin, la fédération du secteur financier.

Cette tendance s'explique par le recours de plus en plus important du Belge à la banque numérique. La plupart des opérations qui nécessitaient qu'il se déplace auparavant peuvent désormais être réalisées en ligne.

555
par million d'habitants
La Belgique dispose encore d'un réseau d'agences bancaires parmi les plus denses d'Europe. Il en existe 555 par million d'habitants.

La baisse a cependant été plus importante l'an dernier, en raison des fermetures d'agences ING et Record Bank, explique Karel Van Eetvelt, le patron de la fédération du secteur financier. Les banques belges voient la banque du futur comme un point de contact où obtenir des conseils sur mesure, plutôt qu'une plate-forme d'assistance pratique pour les transactions quotidiennes.

De telles agences, avec de larges horaires d'ouverture et un aménagement très convivial, existent déjà. De plus en plus de banques mettent en outre en place des points de contact virtuels, joignables bien au-delà des heures d'ouverture habituelles.

Pour autant, la Belgique dispose encore d'un réseau en la matière parmi les plus denses d'Europe. Il en existe 555 par million d'habitants. Seule l'Espagne en dispose de davantage (591), alors que les Pays-Bas ne comptent qu'un sixième du total belge, avec 98 agences par million d'habitants.

Les services bancaires mobiles en plein essor

Une enquête d’iVOX, réalisée auprès de 1.000 personnes, a montré que 4 Belges sur 5 utilisaient les applications mobiles. Parmi ceux-ci, 3 sur 4 se disaient satisfaits de la convivialité et des possibilités de leurs applications.

Par conséquent, nous sommes beaucoup plus en contact avec notre banque. L'utilisateur moyen consulte son compte environ 22 fois par mois via l'application mobile.

12,9
millions
La banque en ligne continue de croître d'année en année. A la fin de l'an dernier, on notait pas moins de 12,9 millions d'abonnements. En 2003, on totalisait seulement... 1,8 million d'abonnements.

La banque en ligne continue de croître d'année en année. A la fin de l'an dernier, on notait pas moins de 12,9 millions d'abonnements. Si on remonte quinze ans en arrière, les services bancaires en ligne étaient encore extrêmement limités. Ainsi, en 2003, on totalisait seulement 1,8 million d'abonnements.

La croissance des services bancaires mobiles est encore plus spectaculaire. En 2011, cette forme de banque émergeait doucement, avec 0,14 million d'abonnements. A la fin de l'an dernier, les services bancaires mobiles connaissaient une véritable explosion, avec pas moins de 7 millions d'abonnements.

Si l'on considère le nombre de virements effectués par les Belges, on constate que la banque mobile gagne sans cesse en importance. Les Belges effectuent ainsi en ligne 53 % de leurs virements, et via leur application de banque mobile, 40 %. Un pourcentage qui était quasi nul il y a encore cinq ans (3 %). Alors que les services de banque mobile atteignent des sommets, la part des opérations en self-banking se contracte de plus en plus. En 2018, seuls 7 % de tous les virements ont été effectués auprès d’un guichet de self-banking. Dix ans plus tôt, on en était encore à 21 %.

Meilleure vision de sa situation

L'enquête montre également que 65 % des utilisateurs ont une bien meilleure vision de leur situation financière aujourd'hui qu'auparavant, en raison de l'avènement des applications bancaires. Quelques clics seulement en effet vous séparent aujourd'hui de la gestion de vos affaires financières.

Rappelons toutefois en guise de conclusion que malgré cette digitalisation croissante, le Belge évolue plus lentement que les autres en matière de paiements numériques ou électroniques. L'argent liquide reste ainsi un moyen de paiement encore largement utilisé dans notre pays.

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