Comment réduire le nombre de licenciements secs chez ING

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Politiques, syndicats et direction voudraient réduire les 1.700 licenciements secs annoncés lundi. Comment?

C’est non. Pas maintenant, pas comme ça. En front commun, les syndicats ont refusé d’entrer immédiatement dans le vif du sujet chez ING, où la direction tient à avancer le plus vite possible sur la restructuration monstre.

Lundi, la 4e banque du pays, filiale du groupe néerlandais, a chiffré les pertes d’emploi à 3.158 équivalents temps plein (ETP) d’ici fin 2021, dont 1.700 licenciements secs, ce qui ramènera les effectifs à 6.267 ETP.

Un total de 1.081 jobs sera supprimé dans le segment "retail" d’ING, soit une baisse de 33%. "Retail" inclut le réseau d’agences salariées de la banque (elles sont 458 à ce stade). Les effectifs en IT vont baisser de moitié: 568 suppressions de postes sur 1.200. Idem pour la division finances, où 258 jobs seront effacés sur 454.

On continue? Au sein de "financial markets", deux tiers des emplois vont disparaître (216 sur 312). C’est là que se situe la salle des marchés de Bruxelles, qui devrait être ramenée à peau de chagrin.

Le réseau de la filiale Record Bank (536 agences indépendantes) va quant à lui disparaître, le gros des effectifs salariés passant chez ING. En ajoutant les départs naturels déjà intervenus depuis début 2016 chez ING, les pertes d’emploi atteignent un total de 3.500 équivalents temps plein.

La carte ci-dessous reprend les bureaux d'ING et de Record Bank présents en Belgique. Survolez les points avec votre souris pour identifier les bureaux ou introduisez le nom d'une commune dans le champ de recherche pour afficher les bureaux dans votre région. Cliquez ici pour afficher la carte en plein écran.

Pause

La banque avait prévu des conseils d’entreprise toute la semaine, pour détailler l’impact de la restructuration par département, mais il ne se passera rien avant vendredi, jour de grève et de manifestation devant le siège d’ING, avenue Marnix à Bruxelles.

Les syndicats en ont averti la direction lundi après-midi, indiquant qu’ils allaient utiliser le reste de la semaine pour consulter le personnel. Mardi matin, le CEO Rik Vandenberghe s’en est pourtant étonné dans un e-mail à tous les collaborateurs. "Je les ai invités (NDLR, les syndicats) à se réunir avec nous ces mardi, mercredi et jeudi afin de leur donner des informations détaillées quant aux différents projets spécifiques", écrit le patron. "Ce matin, j’ai constaté que, malgré cette invitation, ils ne se sont pas présentés. Cette situation est évidemment regrettable." Une provocation de plus, entend-on côté syndical.

À lire → Retrouvez notre dossier sur la restructuration chez ING

Pour Anetta Verstraeten, permanente CNE Finances, la direction tente d’imposer un agenda "intenable, qui ne tient aucunement compte de la charge émotionnelle et d’une indispensable analyse".

Lundi, le Premier ministre Charles Michel a annoncé une "task force", autorités fédérales et régionales incluses, pour conseiller les syndicats et plancher sur les alternatives possibles aux licenciements secs. "Nous devons tout faire pour réduire les dommages sociaux", a affirmé Charles Michel lundi.

Ce mardi, au micro de la Première (RTBF), le CEO de la banque abondait en ce sens: "J’ai parlé de 1.700 licenciements secs maximum, mais j’espère pouvoir faire descendre" ce nombre. Là-dessus au moins, tout le monde semble d’accord.

Mais au-delà des déclarations, comment concrètement faire baisser la facture sociale? "Lors des entretiens avec le Premier ministre, il nous a été demandé de faire des contre-propositions, avec de la créativité. Nous proposons donc la réduction du temps de travail", situe Anetta Verstraeten. Une première piste est lancée.

Et les agents indépendants?

Mardi, la BZB, association professionnelle flamande des intermédiaires financiers, s’est émue de ce que les calculs d’ING les avaient oubliés. La restructuration aura nécessairement un impact sur l’emploi au sein des agences indépendantes, craint l’association. De fait, ING va fusionner deux réseaux comptant à ce stade 787 agences indépendantes (251 chez ING, 536 chez Record). Or, il ne subsistera en 2021 que 650 agences en tout et pour tout, dont environ 150 statutaires.

Traduction: quelque 300 agences indépendantes vont disparaître. Sachant qu’elles emploient chacune deux ou trois collaborateurs, des centaines d’emplois sont condamnés de ce côté-là aussi. La BZB a écrit aux différents ministres fédéraux compétents (Emploi, Finances, Indépendants) pour qu’ils ne les oublient pas.

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