Des stress-tests pas assez stressants?

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Les tests de résistance bancaire étaient critiques aussi pour la crédibilité de la BCE. De l'avis général, des défis importants n'ont pas été résolus. C'est le début pas la fin de l'assainissement du secteur.

L'examen approfondi et à grande échelle de la qualité et de la solidité des banques de la zone euro était jugé critique pour la crédibilité de la BCE mais aussi pour une relance du
crédit, considérée comme un préalable nécessaire à la reprise de l'économie de la zone euro.

Les résultats ont été accueillis avec prudence par les analystes qui y voient plus le début de l'assainissement du secteur bancaire européen que son aboutissement.

 

"Je considère que les tests de résistance représentent un succès important mais partiel, qui aidera à réduire l'incertitude."
Marcel Fratzscher
président de l'institut économique allemand DIW

"Il reste cependant des défis importants non résolus. Les tests de résistance à eux seuls ne vont pas mettre un terme au rationnement du crédit aux petites et moyennes entreprises dans les pays du sud de l'Europe."


Certains se sont montrés plus critiques encore. "Il semble que ces stress tests n'ont pas été très stressants", a ainsi commenté Karl Whelan, économiste à l'University College de
Dublin. "Le vrai sujet est le montant du déficit de fonds propres et il est très, très faible. Je ne me sens pas beaucoup plus rassuré sur la santé du système bancaire aujourd'hui qu'il y a une semaine."

L'exercice a toutefois obligé les banques à réaliser un vaste état des lieux et notamment à revoir à la hausse l'encours de leurs prêts douteux de 136 milliards d'euros, pour le porter
à 879 milliards.

 

"Le FMI se félicite du succès du déroulement des tests de résistance des banques en zone euro. L'exercice a utilisé un cadre commun pour estimer les besoins en capitaux des banques et témoigne des progrès significatifs effectués vers une union bancaire", a souligné le porte-parole du FMI Gerry Rice.

"Le haut niveau de transparence et le caractère comparable des résultats va permettre aux acteurs des marchés financiers de procéder à leur propre évaluation de la santé des banques ce qui devrait permettre d'augmenter la confiance", a-t-il ajouté.

"Nous sommes d'accord avec la BCE pour dire que c'est un premier pas important et soutenons sa détermination à répéter l'exercice annuellement et d'améliorer constamment ce processus", a souligné le porte-parole du FMI.

Cette quatrième "opération vérité" des autorités européennes sur leur système bancaire depuis l'éclatement de la crise financière était considérée comme la plus rigoureuse. Les tentatives précédentes n'avaient pas été concluantes, les banques irlandaises ayant notamment obtenu un blanc-seing peu avant que leur effondrement n'oblige le pays à faire appel à l'aide financière internationale.

"C'est crédible", a estimé Nicolas Véron, du cercle de réflexion sur les questions européennes Bruegel. "Mais c'est seulement le point de départ d'une séquence plus longue d'assainissement qui se poursuivra bien avant dans l'année 2015."

Les établissements présentant un déficit de fonds propres ont deux semaines pour préciser comment ils vont le combler. Une fois leur plan approuvé par la BCE, ils disposeront de neuf mois pour le mettre en oeuvre.

Aux termes de la revue de la qualité des actifs au 31 décembre 2013, la BCE a estimé que les bilans des banques devaient être revus à la baisse de 48 milliards d'euros (dont 11
milliards pour les banques ayant échoué). Elle n'exigera pas des établissements dont des actifs sont surévalués qu'ils prennent des mesures correctrices immédiates mais ils devront renforcer leurs fonds propres, ce qui limitera leur capacité à accroître la taille de leur bilan ou à rémunérer leurs actionnaires.

Mais au total, le redémarrage du crédit reste avant tout  suspendu à l'évolution de la demande dans une économie de la zone euro qui reste à la peine.

 

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