Dexia SA et Mariani poursuivis pour avoir manipulé le cours de Dexia

© Belga

Lynx Capital, une société d’investissement belge, vient d’intenter une action en justice contre Dexia SA et contre Pierre Mariani pour diffusion d’informations fausses et trompeuses. À première vue, il s’agit de la première action du genre et Bernard Delhez, l’homme d’affaires à la tête de Lynx Capital, ne verrait pas d’un mauvais œil un regroupement d’actionnaires autour de sa cause.

Le 5 septembre 2011, Lynx Capital a acheté 5.350 actions Dexia. A la clôture de la Bourse ce jour-là, ces titres valaient 1,465 euro. Le 14 décembre, ces mêmes titres ne valaient plus que 0,27 euro, soit une diminution de valeur de 82% pour le portefeuille de Lynx Capital.

Pour Robert Wtterwulghe, le conseil de la société, l’acquisition des titres s’est faite sur base des informations disponibles sur le marché. Et pour lui, en diffusant des informations fausses et trompeuses, Dexia SA et Pierre Mariani se sont rendus coupables de manipulation de marché.

Lynx Capital laisse entendre que la diminution de valeur des actions est due à la diffusion, par Dexia SA et par Pierre Mariani, d’informations relatives à la situation financière de la banque avant et au moment de l’acquisition des titres.

Et l’avocat de préciser que, par la suite, Pierre Mariani a reconnu que lors de sa nomination à la tête de Dexia SA, la société se trouvait dans une situation préoccupante et risquée, évoquant que la société était un "hedge fund".

Pour le conseil de Lynx Capital, les informations divulguées au marché dans les semaines précédant la crise du mois d’octobre 2011, ont donné aux actions de Dexia une valeur supérieure à leur valeur réelle. Ce faisant, Dexia SA et Pierre Mariani se seraient rendus coupables de manipulation de marché en vue de maintenir artificiellement le cours de l’action. Cette action en justice repose sur la loi du 2 août 2002 relative aux opérations d’initiés et aux manipulations de marché.

Pour le cabinet WWT Law Firm, les auteurs des informations diffusées devaient savoir qu’elles étaient fausses. Ceci en fonction, notamment, d’une décision de la Commission européenne approuvant le plan de restructuration de Dexia tout en attirant l’attention des administrateurs sur l’importance des collatéraux dans son portefeuille. Ou en fonction d’une note de Luc Coene, le gouverneur de la Banque Nationale, qui, en août 2011, adressait une recommandation au groupe Dexia en vue de son démantèlement.

Pour ces différentes raisons, la société d’investissement demande réparation de son dommage. "Pourquoi imposer un système à la totalité et qui, dans certains cas, ne serait pas applicable?" se demande Bernard Delhez, l’administrateur délégué de Lynx Capital.

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