Forcing pour mettre Belfius en Bourse

Selon le plan de Charles Michel, c'est Belfius elle-même qui décidera de la date de son IPO. ©Photo News

Le Premier ministre Charles Michel veut un accord dans le cadre des négociations budgétaires.

C’est un feuilleton politico-financier belge digne des telenovelas sud-américaines: la privatisation partielle de Belfius, via une entrée de son capital en Bourse, bute depuis des mois sur les atermoiements du CD&V et le lien avec le dossier Arco.

Selon nos informations, le Premier ministre Charles Michel est fermement décidé à boucler un accord dans ce dossier dans le cadre des discussions budgétaires qui ont débuté ce vendredi. La position du CD&V et de son vice-premier ministre Kris Peeters est désormais décrite à plusieurs sources comme "intenable" puisqu’il conditionne l’IPO de Belfius à un règlement du litige Arco. "Peeters sera tenu comme responsable du non-désendettement de la Belgique. C’est un suicide politique", dit une source gouvernementale.

"Ce serait un signal fort aux autorités européenne."
source gouvernementale

En clair, à côté des efforts budgétaires classiques, la Commission européenne souhaite que le ratio de la dette belge diminue: en portant une partie de la banque publique en Bourse, l’État se désendette mécaniquement. Si 30% de la banque – valorisée entre 7 et 9 milliards d’euros – sont privatisés, l’État récoltera au minimum 2,1 milliards d’euros, selon les estimations.

"Ce serait un signal fort aux autorités européennes", complète cette source. En 2017, la dette belge était pointée à 103,1% du PIB, selon Eurostat. Ajoutons que la Commission sera beaucoup plus encline à donner de la marge et de la flexibilité pour le Pacte d’investissement si elle constate que la Belgique se désendette par ailleurs.

L’idée est que le Premier ministre puisse faire enregistrer une déclaration de principe sur l’introduction en Bourse de Belfius lors de ce conclave budgétaire, et qu’ensuite les modalités techniques soient laissées au management de la banque qui décidera si l’IPO doit avoir lieu en octobre ou en avril prochain. "C’est fondamental pour Belfius, dit-on au sein du management. On ne peut pas prendre éternellement en otage une banque qui performe bien et qui doit se déployer sur les marchés."

Une provision de 400 millions d’euros a été faite par la banque pour dédommager les coopérateurs Arco: celle-ci pourra être libérée en cas de feu vert des autorités européennes. En gros, le CD&V est désormais pris à la gorge par tous ses partenaires de la coalition fédérale (MR, N-VA, Vld) qui le pressent d’acter le principe de l’IPO. La Commission européenne, de son côté, ne s’est toujours pas prononcée sur la  légalité de la proposition belge pour dédommager les coopérateurs Arco. "Cela suffit, tonne un ministre. Avec ou sans accord Arco, nous avancerons sur Belfius."

 

La collection d’art de Belfius  restera belge

"En cas d’entrée en Bourse partielle de Belfius, nous nous efforcerons de trouver une solution préservant les intérêts de notre patrimoine culturel", a indiqué le ministre des Finances Johan Van Overtveldt, (N-VA), en réponse à une question du député Johan Klaps (N-VA). 

Il a été convenu que "l’État conservera une voix prépondérante sur le sort de la collection aussi longtemps qu’il détiendra 5%" de la banque, a encore situé Van Overtveldt. La manière d’isoler la collection est par contre toujours en discussion.

Composée de 4.300 œuvres, essentiellement d’artistes belges, la collection est valorisée à 18 millions d’euros par la banque mais sa valeur sur le marché est sans soute plus élevée, jusqu’à 150 millions d’euros selon le ministre.

 

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