La BNB voit l'IA au service de la lutte contre les cyberattaques

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Dans son rapport annuel sur les infrastructures financières belges et de services de paiements, la BNB identifie les éléments qui forcent le secteur à se réinventer. Il est ainsi question des technologies, mais aussi du Brexit et de la régulation.

La Belgique joue un rôle crucial dans l'activité de paiements; et ce à l'échelle mondiale. Les entreprises du secteur, actives en Belgique, traitent en effet chaque jour des millions de transactions pour le compte d’opérateurs de marché professionnels ou d’utilisateurs de services de paiement; des transactions opérées dans nos frontières comme en dehors. Ces entreprises portent le nom de Swift, Euroclear, Worldline, Bank New York Mellon et autre MasterCard.

En tant que régulateur, la Banque nationale a comme priorité de procéder au contrôle des flux monétaires et de s'assurer de leur efficacité et leur sécurité. Dans son rapport annuel, la BNB énonce dès lors ses principaux points d'attention; des points qui ne sont pas sans effet sur l'évolution du secteur.

D'un côté, il y a eu l'entrée en vigueur en 2018 de la directive européenne sur les services de paiements (PSD2), censée encadrer les acteurs. De l'autre, il y a tous les éléments extérieurs: le Brexit, la cybersécurité, la percée des Fintechs.

→ L'introduction de la PSD2

La directive régit, entre autres, l'accès et le traitement des données relatives aux comptes individuels. Objectif permettre une ouverture du marché à de nouveaux entrants pour une saine concurrence. Le texte règle aussi les obligations de confidentialité et de sûreté.

Dans ce cadre-là, la BNB a pour mission de contrôler et d'évaluer chaque prestataire. Dans le même temps, la banque doit suivre les progrès technologiques disponibles. On citera notamment le paiement instantané en vigueur depuis mars dernier en Belgique. "Cela entraîne un surcroît de travail pour la Banque", indique-t-on à la Banque. 

→ Le Brexit

Qui dit sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, dit aussi refonte des règlements de flux de capitaux. "Depuis la fin de 2018, la compensation (clearing) du marché du repo des titres publics belges a été transférée de la contrepartie centrale londonienne (LCH Ltd) vers la filiale française (LCH SA). Du point de vue de la stabilité financière, cela signifie que cette activité sera désormais traitée par un établissement de la zone euro ayant accès aux services de banques centrales en euros."

Différents acteurs actifs dans le transfert de fonds ont également décidé de migrer leurs opérations, quittant la Grande-Bretagne pour la Belgique.

Enfin, la Banque Nationale affirme aussi recevoir d'acteurs britanniques des demandes de licences belges leur permettant de poursuivre leurs activités en Europe après le Brexit. 

→ Les Fintechs

Les acteurs traditionnels du paiement sont de plus en plus mis au défi par de nouveaux entrants. Ces entreprises technologiques (Fintechs) tentent en effet soit de se développer seules, soit de collaborer avec des acteurs traditionnels. Depuis le troisième trimestre 2018, la BNB affirme ainsi avoir vu se multiplier les approches de Fintechs envers les opérateurs historiques pour des propositions de déploiement de nouveaux types de paiement. Rien qu'en février 2019, trois institutions ont reçu une licence ou un enregistrement pour les nouvelles activités; de quoi accroître le nombre d'acteurs dans ce secteur à sept.

→ Les cyberattaques

La cybermenace des systèmes de paiements n'a jamais été aussi grande.
Banque nationale de Belgique

La cybersécurité est au coeur des préoccupations de la BNB depuis déjà quelques années. C'est qu'un incident touchant un acteur peut facilement contaminer tout le système financier. En 2018, un test basé sur des scénarios "réalistes et personnalisés" de menaces de risques de cyberattaques (le Threat Intelligence Based Ethics Red teaming) a été développé. Il sera mis en place au sein de l'Eurosystème cette année avec l'aide de hackers réputés devant tenter de hacker les infrastructures des banques.

"La cybermenace des systèmes de paiements n'a jamais été aussi grande. Les techniques utilisées sont de plus en sophistiquées pour accéder aux données des utilisateurs." On ne compte en effet plus les mises en garde de la fédération belge des banques face aux multiples fraudes dans la banque en ligne. 

Pour faire face à cette criminalité 2.0, la BNB mise beaucoup sur le développement de l'intelligence artificielle. "L'IA gagne du terrain, sous l'impulsion des tendances convergentes. Premièrement, le traitement des données prolifère à un rythme extraordinaire. Deuxièmement, la force de frappe des logiciels est exponentielle."

La détection de la fraude dans le segment des paiements est un des développements prometteurs de l'IA. 

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