La réforme fiscale de Trump coûtera 5 milliards à Goldman Sachs

©REUTERS

Goldman Sachs, comme d'autres banques, sera affectée par la nouvelle réforme fiscale américaine.

Le géant bancaire américain Goldman Sachs estime que la toute récente réforme fiscale aux Etats-Unis amputera cette année ses résultats d'environ 5 milliards de dollars, selon un document transmis vendredi aux autorités de régulation américaines.

Cet effet négatif exceptionnel s'explique essentiellement par une nouvelle taxe unique, mise en place par l'administration Trump pour inciter les multinationales à rapatrier leurs bénéfices aux Etats-Unis.

L'effet à long-terme sur la situation financière de Goldman devrait donc être bénéfique même si les résultats du trimestre en cours, et par conséquent de l'année 2017, devraient souffrir de cette opération comptable. La banque doit présenter ses résultats trimestriels et annuels le 17 janvier.  Les analystes financiers s'attendent actuellement en moyenne à un bénéfice par action, la référence de la rentabilité d'une entreprise en Amérique du nord, de 5,10 dollars pour les trois mois en cours, soit un bénéfice net trimestriel de l'ordre de 2 milliards de dollars.

Les banques à travers le monde ont annoncé des réductions de valeur pour tenir compte des changements dans le code des impôts américains, qui affectent les bénéfices détenus à l'étranger ainsi que la valeur des actifs différés.

→ Citigroup Inc. a déclaré qu'il s'attend à un impact de 20 milliards de dollars
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Bank of America Corp prendra une charge de 3 milliards de dollars
→ Le Credit Suisse Group AG risque d'enregistrer une troisième perte annuelle consécutive
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Barclays Plc prendra une charge d'environ 1 milliard de livres (1,35 milliard de dollars)

Goldman aurait actuellement plus de 250 milliards de dollars d'actifs détenus à l'étranger et qu'il ne voulait pas rapatrier jusqu'à présent pour ne pas être soumis à une imposition à 35%.

Et les autres?

Hors secteur bancaire, la compagnie pétrolière Royal Dutch Shell va enregistrer une charge exceptionnelle au quatrième trimestre évaluée entre 2 et 2,5 milliards de dollars. Le groupe, comme de nombreux autres, avait profité d'un système lui permettant de payer moins d'impôts compte tenu de résultats financiers peu reluisants ces dernières années. Les impôts étant désormais moins élevés aux États-Unis, le gain attendu de cet étalement du paiement des taxes est moindre. 

Le laboratoire pharmaceutique Amgen a aussi indiqué tabler sur des dépenses fiscales de 6 à 6,5 milliards de dollars au fil du temps, en raison du rapatriement des liquidités accumulées à travers le monde.

DeltaAirlines a évoqué la possibilité d'une charge fiscale exceptionnelle de 150 millions à 200 millions de dollars.

Pour rappel, cette réforme fiscale prévoit 1.500 milliards de dollars d'allégements fiscaux pour les particuliers et les entreprises. Cette loi abaisse notamment de manière significative le taux d'imposition des sociétés américaines, de 35% à 21%. Elle fixe un taux exceptionnel d'imposition de 15,5% pour la trésorerie et ses équivalents, et de 8% pour les actifs moins liquides, en cas de rapatriement des liquidités stockées à l'étranger.

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