Les actionnaires de Dexia approuvent le retrait de la cote

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Les actionnaires de Dexia se sont prononcés, sans surprise, en faveur du retrait de la cotation en Bourse de la banque résiduelle. Le CEO Wouter Devriendt participait à sa dernière assemblée générale avant de ralier Unicredit le mois prochain.

Dexia  se retirera de la cote le 29 novembre prochain, ont décidé les actionnaires du groupe en résolution ordonnée. Une décision attendue, dans la mesure où les États belge et français qui représentent... 99,5% du capital, avaient déjà marqué leur accord. Le vote des 17 résolutions soumises ce mercredi à l'AG extraordinaire n'était donc qu'une pure formalité.

La direction, et son futur ex-CEO Wouter Devriendt au premier chef, se déclarait satisfait de pouvoir entamer cette nouvelle étape. Les actions seront dorénavant nominatives et centralisées dans un registre électronique. Actuellement, près de 1,95 million d'actions représentant 0,5% du capital sont négociées sur la plateforme Euronext. Des spéculateurs effectuent encore quelque 2.000 transactions par jour avec ce titre "volatile, qui n'a en réalité aucune valeur", selon les mots de Véronique Hugues, CFO.

Alléger la charge de travail

"Depuis un an, les conditions de marché ont été très favorables, ce qui nous a permis de réduire les risques et de limiter les pertes."
Wouter Devriendt
CEO

Quitter la Bourse comporte de nombreux avantages pour Dexia. Outre ne plus devoir s'acquitter des frais de cotation, l'opération va grandement alléger la charge de travail administratif et permettra d'autres économies annexes. L'organisation d'une AG coûte ainsi quelque 100.000 euros, notamment en raison de l'obligation légale de l'annoncer publiquement dans la presse. Ce changement ne signifie cependant pas un recul en termes de transparence, insiste Véronique Hugues. "Nous continuerons à publier nos comptes."

Ceux-ci ne se portent d'ailleurs pas si mal. Ou plutôt aussi bien qu'un groupe en résolution ordonnée de l'envergure de Dexia puisse l'espérer. Le portefeuille d'actifs (essentiellement crédits et obligations) s'élève aujourd'hui à environ 54 milliards d'euros. Wouter Devriendt espère le voir passer sous la barre des 50 milliards d'ici la fin de l'année, et tomber à 30 à 35 milliards endéans deux à trois ans. "Depuis un an, les conditions de marché ont été très favorables, ce qui nous a permis de réduire les risques et de limiter les pertes", explique Wouter Devriendt.

Garanties d'Etat prolongées

"Si la situation sur les marchés américains demeure semblable et que le programme de quantitative easing se poursuit en Europe, peut-être pourrons-nous même aller plus vite." Pas question pour autant de faire des folies. "On ne va pas vendre nos actifs à n'importe quel prix, nous procédons toujours selon les conditions de marché", ajoute le CEO.

Le mois passé, la Commission européenne a par ailleurs validé la prolongation des garanties d'Etat belges et françaises pour un montant de 75 milliards d'euros (dont 40 à charge de la Belgique) pour une durée de dix ans à partir deu 1er janvier 2022. "Nous nous y sommes pris à l'avance, car les discussions avec la Commission peuvent être très longues."

Encore de nombreux défis à relever

"Un jour, Dexia devra se transformer en quelque chose d'autre qu'une banque."
Véronique Hugues
CFO

Wouter Devriendt prendra la direction du département "Finances" de la banque italienne Unicredit le 15 novembre prochain. "Je ne veux surtout pas donner l'impression que tous les problèmes de Dexia sont résolus", affirme-t-il. Il a rappelé que quinze à vingt milliards d'euros d'actifs restent "invendables sans perte inacceptable". "Il faudra trouver une solution de portage, mais cela pourrait durer très longtemps."

Il a également souligné l'importance de la gestion des ressources humaines dans une entreprise comme Dexia, qui compte encore environ 600 employés. "Les problèmes de Dexia sont très spécifiques, on doit penser 'out of the box'. Il faut également motiver nos collaborateurs, dans une entreprise dont la durée de vie et les perspectives sont incertaines."

Un constat sur lequel embraie Véronique Hugues. "Un jour, Dexia devra se transformer en quelque chose d'autre qu'une banque.

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