analyse

Les fintechs belges en quête de maturité

FinTech Belgium et son directeur Xavier Corman croient au potentiel belge d’un secteur qui explose ailleurs en Europe. ©Tim Dirven

Le secteur fintech belge est à un tournant. À l’aune d’une maturité toute récente, il se diversifie de plus en plus avec de nouveaux sous-secteurs inattendus qui tirent l’ensemble de l’écosystème vers le haut. Pourtant la route est encore longue avant de devenir un territoire de référence en la matière.

Dans le monde impitoyable des start-ups, les levées de fonds font encore la loi. Dans le secteur des fintechs, c’est l’un des moyens de se rendre compte de l’importance relative qu’a pris le secteur en quelques années. FinTech Belgium, Avolta Partners et data.be ont compilé les différentes statistiques disponibles pour réaliser une cartographie de l’écosystème qui a pour vocation d’améliorer le secteur financier grâce à la technologie. En trois ans, l’ensemble du secteur fintech en Belgique a levé plus de 118 millions d’euros. 2018 fait office d’année record avec 72,1 millions levés dont 25 uniquement pour UnifiedPost qui a encore fait l’actualité lundi en rachetant son équivalent britannique.

Signe de leur progression récente, les fintechs belges sont désormais évaluées en moyenne à 6,8 millions d’euros contre moins de 5 millions il y a un an. Une progression logique mais notable surtout pour les 26% d’entre elles qui sont valorisées à plus de 15 millions d’euros. La Belgique a ainsi rattrapé une partie de son retard en termes de valorisation sur ses voisins.

"Plutôt qu’à une révolution, comme cela a été le cas à la naissance des fintechs, nous assistons aujourd’hui à une belle évolution, avec un premier éventail d’acteurs qui atteignent la série A (45%) et même la série B (15%) dans leur financement. Le monde de la fintech belge ne se limite donc désormais plus à de jeunes loups et à de nouvelles start-ups", explique Xavier Corman, directeur de FinTech Belgium. "Cela confirme que les fintechs se sont résolument fait leur place et que leurs solutions apportent une réponse à des besoins réels."

©Marijn De Reuse


Les nouvelles branches de la fintech

Malgré cette maturité, le paysage continue d’évoluer rapidement avec l’arrivée de nouvelles niches telles que la "regtech" qui concerne tout ce qui a trait à la réglementation comme le monitoring, le reporting et la conformité, et l’"insurtech" qui vise à accroître l’efficacité dans le monde des assurances, deux des plus récentes, mais probablement pas des dernières extensions de l’écosystème des fintechs.

"Le monde de la fintech belge ne se limite plus à de jeunes loups." Xavier Corman

"Les conditions sont extrêmement favorables au développement de ces nouvelles branches, avec des taux bas et des business angels belges très actifs, ce qui offre des opportunités fantastiques. C’est ce que confirme aussi le niveau de dilution de capital (22%), qui a considérablement diminué par rapport à 2018 et est conforme à la moyenne de nos pays voisins", explique Xavier Corman.

Pour autant, la Belgique n’est pas devenue une place forte de la fintech comme l’espéraient le précédent gouvernement fédéral et les acteurs du secteur. Malgré des réussites et des start-ups tirant l’écosystème à l’image de Qover, Look&Fin ou UnifiedPost, la taille relative du secteur reste faible en regard du potentiel national. La Belgique possède historiquement un savoir-faire mondialement reconnu dans le paiement, des institutions financières fortes et une position centrale et proche des institutions européennes. Autant d’arguments forts qui ne suffisent pas pour l’instant.

Enfin un lieu dédié à Bruxelles?

Censée mettre Bruxelles sur la carte des villes qui comptent dans la fintech, B-Hive laisse pourtant un bilan assez maigre derrière elle.

L’initiative B-Hive avait été lancée il y a trois ans avec le soutien financier du fédéral et des principales banques du pays mais vient d’annoncer la fin de ses activités estimant "avoir atteint ses objectifs." Censée insuffler une nouvelle dynamique dans l’écosystème et mettre Bruxelles sur la carte des villes qui comptent dans la fintech, B-Hive laisse pourtant un bilan assez maigre derrière elle. Par exemple, la création d’un lieu dédié à la fintech à Bruxelles, annoncée à l’époque en grande pompe, est restée au stade du projet.

Un projet que l’ASBL FinTech Belgium annonce vouloir mettre sur pied rapidement. Autre indispensable au développement du secteur, un accélérateur de start-ups dédié qui pourrait voir le jour au sein du futur lieu. Tout cela reste pour l’instant au conditionnel mais devra se matérialiser rapidement pour permettre aux fintechs belges de faire la loi en Europe.

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