Mariani: "Dexia ne sera pas scindé"

©Lieven Van Assche

Le groupe Dexia négocie avec La Banque postale française et la Caisse des dépôts la création d'une nouvelle entité destinée au financement des collectivités locales françaises, écrit Le Figaro. Plusieurs sources confirment l'existence de pourparlers. Le dossier pourrait déboucher sur un éclatement du groupe financier franco-belge, un scénario évoqué depuis longtemps. Le CEO Pierre Mariani dément tout projet de modification de l'actionnariat du groupe.

"Il n'y a aucun projet sur la table visant à scinder Dexia et il n'y a aucun projet de modification de l'actionnariat du groupe", a déclaré samedi matin Pierre Mariani, l'administrateur délégué de Dexia, réagissant aux informations du quotidien français "Le Figaro" selon lesquelles Dexia et son principal actionnaire français, la Caisse des dépôts, négocieraient avec La Banque postale la création d’une nouvelle banque, publique, destinée au financement des collectivités locales.

La Banque postale et la CDC détiendraient ensemble cette nouvelle banque, dont Dexia pourrait toutefois demeurer actionnaire. Elles reprendraient aussi tout ou partie du portefeuille de crédits de Dexia auprès des collectivités locales françaises (70 milliards d’euros) ainsi que de Dexia Municipal Agency: cette dernière entité assure, au moyen d'obligations foncières, le refinancement des engagements concernés chez Dexia. Un nouvel actionnariat lui apporterait d'ailleurs la solidité financière nécessaire au maintien de sa note "AAA".

Le CEO de Dexia a refusé de confirmer ou d'infirmer les informations du "Figaro". Mais il formule trois observations importantes.

"Il n'y a aucun projet sur la table visant à scinder Dexia. Je vous rappelle par ailleurs que la structure de l'actionnariat est franco-belge. Aucune modification de celle-ci n'est envisagée. Je tiens enfin à souligner que nous n'avons aucunement l'intention de sortir du métier de financement des administrations locales", souligne Pierre Mariani.

Selon "Le Figaro", les partisans de la création d'une nouvelle entité bancaire comptent valoir, peut-être dès mardi prochain, auprès du conseil d'administration, et notamment ses représentants belges, que la création d’une nouvelle banque de financement des collectivités locales présenterait le double avantage de réduire le bilan de Dexia et ses besoins de liquidité.

Pour Dexia, l'opération pourrait être l'occasion d'alléger significativement son bilan qui totalise aujourd'hui plus de 500 milliards d'euros. Celui-ci a déjà été réduit de 15 % sur un an, grâce aux cessions d'actifs importantes réalisées au premier semestre.

CDC assure le lien entre Dexia et La Banque Postale. Le holding public, qui détient 17,6 % du capital de Dexia, en est le premier actionnaire. Il est également présent dans l'actionnariat de La Poste, le groupe postal français qui chapeaute la Banque postale. L'Elysée assure également sa présence à la table par un autre canal: Pierre Mariani, le CEO de Dexia où il a débarqué en 2008, a travaillé pour le président Nicolas Sarkozy, avec qui il a gardé des relations amicales.

Le projet de regroupement n'est pas encore bouclé, et ses modalités "sont loin d'être arrêtées", précise Le Figaro. Le rôle de Dexia, le volume des actifs transférés, leur qualité - s'agissant notamment des crédits qui font l'objet de litiges avec les collectivités qui y ont souscrit - sont encore sur la table des négociations.

Selon d'autres sources, La Banque Postale et CDC ne sont pas vraiment disposés à se lancer dans le projet, qui ne fait de surcroît pas l'unanimité au sein du gouvernement français. Plusieurs sources le confirment: le deal est loin d'être conclu et les discussions sont toujours en cours. 

Pierre Mariani l'admet: rien n'empêche que des solutions structurelles soient recherchées pour résoudre les difficultés que connaît Dexia. Mais pas question de confirmer la réalité d'une telle hypothèse.

"Les actionnaires de Dexia s'attaquent ensemble aux problèmes et cherchent ensemble des solutions. Ces problèmes ne sont pas français ou belges, ce sont les problèmes du groupe et ils seront résolus en groupe. Certains souhaitent que quelqu'un s'en aille avec les bons morceaux du groupe et qu'un autre reste avec les mauvais, mais ce n'est pas possible", souligne le paton du bancassureur.

Mariani a par ailleurs confirmé qu'une réunion du conseil d'administration de Dexia aurait lieu mardi. Elle sera précédée d'une rencontre du comité stratégique du CA. "Mais ces réunions n'ont absolument rien à voir avec l'article du Figaro. Elles ont été convoquées parce que nous nous sommes engagés en août dernier à donner aux administrateurs davantage d'informations sur la situation (du groupe), étant donné la situation qui prévaut sur les marchés. Il n'y a aucune décision à en attendre", a-t-il ajouté.

 

 

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