New B: déjà 13.000 coopérateurs

Belga

New B démarre sur les chapeaux de roue: deux jours à peine après son lancement, la nouvelle banque dépasse déjà 13.000 souscripteurs.

C’est davantage une pétition (pour une banque responsable) qu’une véritable banque pour l’instant, mais le succès de ce projet lancé par le monde associatif est fulgurant. Hier soir, la banque coopérative en devenir New B avait déjà convaincu plus de 13.000 personnes ou associations de souscrire à une part de 20 euros. Autrement dit, l’objectif à 100 jours que s’étaient fixé les initiateurs du projet a été atteint en 2 jours à peine. "Nous avons réalisé des études de marché en Belgique et à l’étranger et on espérait atteindre 10.000 coopérateurs d’ici la fin de la campagne. Mais nous avons été surpris par la rapidité des souscriptions, en seulement 48 heures. Cela continue et notre site internet a du mal à suivre", s’enthousiasme Bernard Bayot, président de New B, avocat au barreau de Bruxelles et directeur du Réseau Financement Alternatif.

A savoir

Lire ici la genèse de New B.

D’où viennent ces souscripteurs? "Il y a des coopérateurs qui viennent des associations autour desquelles nous nous sommes organisés, mais il s’agit avant tout d’un mouvement du grand public. Ce succès dépasse largement le cadre du monde associatif. Suite à la crise, les citoyens ont mené une analyse de la manière dont le secteur bancaire fonctionne. Il s’agit ici d’une démarche positive, pas protestataire. Les coopérateurs adhèrent au projet et à des valeurs précises".

Premiers pas

Après avoir vu les banques européennes sombrer et l’État engager quelque 5.000 milliards d’euros de garanties aux banques à travers l’Union, 61 organisations ont décidé de créer cette nouvelle banque coopérative en Belgique. Pour l’instant, la banque n’existe pas encore. Mais les initiateurs du projet se targuent de disposer d’un dossier solide grâce notamment au soutien et à l’expertise de "financiers de haut vol". Un business plan et une étude de faisabilité seraient par ailleurs disponibles.

La future banque sera "une banque coopérative d’un modèle original, unique et très développé en termes de tension entre le sociétal et le bancaire". Une gouvernance stricte est par ailleurs prônée "pour que l’ADN de l’établissement ne soit pas transformé dans 5 ou 10 ans".

Cet ADN repose sur 12 piliers dont les 4 principaux portent sur un retour au métier bancaire de base, une société coopérative appartenant à ses clients, une banque belge qui investira 100% des crédits dans l’économie belge, et sur une banque durable. Cette banque d’épargne s’adressera à des particuliers, aux PME mais également à des organisations. Elle n’exclut pas, non plus, de participer à des projets entrepreneuriaux ou publics via des consortiums bancaires.

 

New B entend enfin offrir tous les services que les clients attendent d’une banque: comptes courant, comptes d’épargne, moyens de paiement, crédits à la consommation, hypothécaires et professionnels. Des produits d’investissements seront aussi disponibles, mais New B se limitera, dans ce domaine, à jouer le rôle de courtier pour d’autres banques.

Obstacles

L’assemblée générale de la coopérative décidera à l’été de la suite des événements et du dépôt éventuel du dossier auprès de la BNB en vue d’une agréation. Des contacts informels sont déjà en cours depuis de nombreux mois. Dans le chef de la BNB, on affirme que la création d’une banque n’est pas chose courante ni aisée. Le business plan devra aussi démontrer que la banque répondra aux exigences de fonds propres dictées par les normes de Bâle III. Autant de contraintes jugées "légitimes" chez New B. On ne s’attend pas à ce que le projet se concrétise avant deux ans.

Triodos serein

Chez Triodos, qui se présente comme une "banque durable" depuis 20 ans en Belgique, on ne s’étonne pas de cet intérêt du public pour un financement "utile et transparent" de l’économie. Le porte-parole de la banque, Paul Gérard, ne craint pas de voir arriver un nouveau concurrent: "La Belgique est finalement le seul pays où nous étions la seule banque concentrée sur des projets d’utilité sociale. En Allemagne, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, plusieurs établissements sont déjà sur ce créneau. Cela ne nous empêche pas de croître de 15 à 20% par an depuis 10 ans, que ce soit en dépôts ou en crédits. Nous comptons aujourd’hui 450.000 clients, dont 60.000 en Belgique".

De là à apporter son expertise à New B? "Nous n’avons pas du tout les mêmes structures. Il s’agit d’une coopérative, qui ne garantit d’ailleurs en rien la qualité du projet. Nous sommes une société anonyme avec un conseil d’administration professionnel. Il y a peu de compatibilités a priori".

Enfin chez Febelfin, on souhaite bonne chance à New B: "une banque coopérative a sa place dans le paysage bancaire diversifié belge", souligne Pamela Reynders. La porte-parole de la fédération du secteur financier ne manque toutefois pas de rappeler que la nouvelle banque devra être soumise aux mêmes contraintes que ses concurrentes et que les objectifs de New B, notamment sur "la rémunération éthique de l’épargne", sont déjà "inscrits dans l’agenda stratégique du secteur".

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