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Quand les banques font mieux que leur contrat

KBC en Belgique, Barclays en Grande-Bretagne, Commerzbank en Allemagne. Les résultats bancaires du jour dépassent tous sans exception les attentes. C'était déjà le cas en début de semaine avec HSBC et Société Générale.

Les trois groupes bancaires du jour affichent tous sans exception des résultats supérieurs aux attentes. Mais l'unanimité n'est pas de mise du côté de l'évolution de leurs cours boursiers. Ainsi sur Euronext Bruxelles, KBC est largement plébiscité et s'envole de plus de 4%. Le marché salue la performance du résultat sous-jacent.

A Londres par contre, Barclays s'affiche en recul de 2,77% à 330,35 pence, en fin de matinée. Les investisseurs se sont davantage concentrés sur la performance de l'investment banking et l'augmentation des coûts. "Vu l'importante dépendance de Barclays à sa division d'investment banking, la banque est particulièrement vulnérable à un ralentissement des volumes ou à une détérioration de l'environnement économique", pointent certains analystes.

Et à Francfort, Commerzbank affiche un quasi statu quo. La deuxième banque allemande a pourtant publié un bénéfice net trimestriel largement supérieur aux attentes, et annoncé prévoir un bénéfice net pour cette année, sous réserve d'un environnement économique stable. Mais au vu de 1,1 milliard d'euros de bénéfice net réalisés en six mois, prévoir un bénéfice net annuel ne relevait pas de l'exploit, faisaient remarquer certains analystes. Par ailleurs le marché s'attendait depuis plusieurs semaines à des résultats positifs.

 

  • La banque britannique Barclays a clôturé le premier semestre de l'exercice 2010 sur un bénéfice net de 2,43 milliards de livres (2,93 milliards d'euros), contre 1,89 milliard de livres engrangé durant les six premiers mois de 2009. Ce résultat dépasse les attentes des analystes, qui misaient sur un bénéfice de 2,26 milliards de livres.
    Dopé par les performances de la division banque d'investissements, le bénéfice avant impôts a progressé de 44%, passant de 2,75 milliards à 3,95 milliards de livres. Comme pour les autres banques, Barclays bénéficie ainsi de la baisse des provisions pour risques de crédit (à 3,08 milliards de livres) et de la plus-value comptable engendrée par la baisse de cours de ses propres instruments de dette. Le produit net bancaire s'est établi à 13,501 milliards de livres, en hausse de 25,5%.
    Les dépenses d'exploitation ont fortement progressé également, de 21% à 9,72 milliards de livres, a indiqué Barclays sans toutefois préciser la part des bonus dans cette progression.
    Le ratio de fonds propre Tier 1 s'établissait à 13,2% au 30 juin, contre 13% fin décembre, et le ratio core Tier 1 à 10%, sans changement.
    Le bénéfice avant impôt a progressé de 43,8% à 3,95 milliards de livres. Il a été fortement tiré par celui de la division d'investissement Barclays Capital, qui a plus que triplé à 3,4 milliards de livres.

 

  • La deuxième banque allemande Commerzbank, très touchée par la crise et partiellement étatisée, a indiqué jeudi avoir bon espoir de réaliser un bénéfice net cette année, après un deuxième trimestre largement supérieur aux attentes. "En raison du bon développement des résultats au premier semestre, nous partons du principe que nous finirons l'année 2010 avec un bénéfice net, à condition d'un environnement stable des marchés", a déclaré le patron du groupe Martin Blessing dans un communiqué. Jusqu'à présent la banque s'était contentée de prévoir un retour aux bénéfices en 2011 au plus tard.
    Au deuxième trimestre Commerzbank a dégagé un bénéfice net de 352 millions d'euros, largement au-delà des 121 millions d'euros sur lesquels tablaient les analystes interrogés par Dow Jones Newswires, et sans commune mesure avec une perte de 761 millions d'euros au deuxième trimestre 2009.
    Mais le bénéfice net a été artificiellement gonflé par un effet fiscal positif de 151 millions d'euros, et il est loin des 708 millions d'euros réalisés au premier trimestre de l'exercice en cours.
    Les provisions pour risques de crédit, qui donnent la mesure de la solidité du portefeuille d'actifs de la banque et qui ont plombé les comptes de la plupart des établissements l'an dernier, ont atteint 639 millions d'euros entre avril et juin, en gros le même niveau qu'au premier trimestre.
    Pour 2010, elles devraient se monter à environ 3 milliards d'euros, prévoit dorénavant Commerzbank, moins que les 3,8 milliards d'euros anticipés jusqu'alors et beaucoup moins que les 4,2 milliards de l'an dernier.
    "Nous sommes toujours très éloignés de la normalité", a toutefois commenté M. Blessing. Redevenir normal impliquerait entre autres de rembourser à l'Etat allemand les aides publiques qui ont permis la survie de l'institut l'an dernier.
    Commerzbank a en effet obtenu 18,2 milliards d'euros de l'Etat fédéral en 2009, lequel est monté à 25% de son capital. En cas de bénéfice annuel, la banque doit verser de lourds intérêts à l'Etat.

 

  • Le bancassureur KBC a clôturé le deuxième trimestre 2010 sur un bénéfice net en net recul par rapport à 2009: il passe de 302 millions d'euros à 149 millions. Ce résultat est supérieur aux attentes des analystes, qui avaient pronostiqué un bénéfice net moyen de 105 millions d'euros. Le groupe explique cette baisse de régime par une série d'éléments exceptionnels tels que la cession de KBL EPB, qui doit être clôturée au second semestre mais qui occasionne une contraction du goodwill de 300 millions d'euros sur le résultat du 2e trimestre. Une détérioration des conditions de crédit a par ailleurs entraîné une réévaluation de l’exposition de KBC aux CDO pour un montant de 200 millions d’euros. Le groupe a aussi subi une perte de trading de 100 millions d’euros sur des produits dérivés structurés de KBC Financial Products (division Merchant Banking). Enfin, le bancassureur flamand fait état de l'impact négatif des conditions de crédit défavorables au deuxième trimestre, qui a entraîné une réduction de valeur de 300 millions d'euros (avant impôts) de la valorisation "marked-to-market" des produits dérivés à des fins de couverture. En cause, essentiellement, l'élargissement des différentiels de crédit, plus particulièrement dans les pays PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne), mais aussi en Belgique. Ces éléments négatifs ont toutefois été contrebalancés en partie par un impôt différé de 400 millions d'euros.
    Le bénéfice net sous-jacent du 2e trimestre donne un peu de couleur aux résultats de KBC. Celui-ci progresse en effet à 554 millions d'euros, contre 409 millions au 2e trimestre 2009. Là aussi, les attentes des analystes sont dépassées. Ceux-ci tablaient sur un bénéfice sous-jacent moyen de 459 millions d'euros.

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