Ambitions 2020 rabotées pour BNP Paribas

©REUTERS

BNP Paribas affiche des résultats du 4e trimestre en berne. La Belgique n'échappe pas à la règle. Le deuxième groupe bancaire de la zone euro revoit ainsi ses objectifs à l'horizon 2020 à la baisse et annonce une restructuration de sa banque d'investissement.

BNP Paribas doit cadenasser ses ambitions à l'horizon 2020. Rendements sur fonds propres, croissance des revenus, tous atteindront des chiffres moindres qu'anticipé. À cela s'ajoutent une accélération du plan d'économies et une restructuration de la banque de financement et d'investissement (BFI).

Mais que se passe-t-il?

Le groupe bancaire français a été plombé par une chute des revenus dans les activités de marché. En 2018, ces activités ont vu leurs revenus chuter de 15,4%. Le plongeon est supérieur à 39% pour le seul quatrième trimestre avec le retour brutal de la volatilité. Au final, le groupe affiche une perte trimestrielle avant impôts de 225 millions d'euros pour le pôle "global markets".

L'objectif aujourd'hui de la banque de la rue d'Antin à Paris est de passer en revue sa BFI pour identifier les activités "non stratégiques", "non rentables" ou considérées comme "sous-dimensionnées". Elle en profitera pour confirmer l'arrêt de sa filiale de gestion pour compte propre, Opera Trading.

"L'activité va revenir sur des bases solides", a prédit Yann Gérardin, directeur général adjoint de BNP Paribas chargé de la BFI. Ce pôle d'activité va aussi devoir amplifier l'industrialisation et la digitalisation de ses services et renforcer la coopération entre ses métiers.

Mais revenons aux chiffres. Sur le seul quatrième trimestre 2018, les revenus de BNP Paribas ont globalement reculé de 3,5% à 10,16 milliards d'euros. Les charges ont, elles, progressé de 0,7% à 7,68 milliards.

Le résultat net croît de 1,1% à 1,44 milliard d'euros pour un coefficient d'exploitation ressort de 71,9% à fin 2018 contre 69,4% à fin 2017 et un ROE de 8,2%.

D'après le consensus Infront Data, les analystes attendaient en moyenne un bénéfice net de 1,41 milliard d'euros et 10,33 milliards de revenus.

Et la Belgique dans tout cela?

L'activité commerciale est restée forte sur l'exercice 2018: une croissance de 4,2% de l'octroi des crédits, avec une forte hausse des crédits aux entreprises et des prêts hypothécaires. Les dépôts augmentent de 4,1%.

Le résultat brut d'exploitation plie, lui, de plus de 4% à 1,07 milliard d'euros.

Comme pour le groupe, le produit net bancaire annuel se tasse de 2,2% (3,59 milliards d'euros). Dans un communiqué, le groupe pointe :

→ une baisse des revenus d’intérêt (-1,2%) lié à la faiblesse des taux
→ des commissions en recul 5,2% avec d’une part une diminution des commissions financières (liée aux conditions défavorables des marchés au quatrième trimestre) et d’autre part, une hausse des commissions rétrocédées aux agents indépendants dont le réseau a été augmenté.  

Notons que pour le seul 4e trimestre, le produit net bancaire chute de plus de 4%

Côté coûts, BNP Paribas Fortis note pour le segment banque de détail des frais de gestion moindres (-1,3%), aidés notamment par l'"optimalisation" du réseau.

Ambitions rabotées

Le quatrième trimestre a été particulièrement douloureux pour les activités de trading des banques. En Allemagne, Deutsche Bank a vu ses revenus chuter de 23% dans le trading obligataire, qui a aussi pénalisé les grandes banques de Wall Street.

Le deuxième groupe bancaire de la zone euro par la capitalisation boursière, après l'Espagnol Santander, s'attend désormais pour 2020 à un rendement de ses fonds propres (ROE) de 9,5% contre un objectif initial de 10%.

Son objectif de croissance de ses revenus sur la période allant de 2016 à 2020 est aussi revu à la baisse. BNP Paribas table désormais sur une progression de son produit net bancaire de 1,5% par an et non plus de 2,5%. Son coefficient d'exploitation devrait pour sa part atteindre 64,5% l'an prochain au lieu des 63% prévus.

La banque compte aussi accélérer son plan d'économies et va dans le même temps restructurer sa banque de financement et d'investissement, où ses activités de marché ont souffert tout au long de l'année passée.

Pour l'actionnaire enfin, soulignons l'intention du groupe de verser au titre de 2018, un dividende stable de 3,02 euros.

Le groupe va-t-il acquérir?

BNP Paribas a écarté toute nouvelle acquisition sur les deux prochaines années, préférant se concentrer sur l'intégration des acquisitions réalisées en 2017 et 2018, comme le rachat des activités bancaires de Raffeisen Bank International.

Interrogée sur la consolidation bancaire envisagée en Allemagne, où Deutsche Bank est en difficulté, la direction de la banque a aussi exclu tout projet d'acquisitions d'envergure.
"Toute acquisition transformante n'est pas compatible avec notre plan. Nous avons les mains pleines. Nous avons fait le choix de la transformation digitale", a insisté Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas. "Sur ces sujets d'acquisitions transformantes, nous ne sommes pas là."

En Bourse, l'action BNP Paribas a gagné 4,21% depuis le début de l'année, mais sous-performe l'indice bancaire européen(+5,20%).

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés