Bankia: l'Espagne a trouvé la recette

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Dans la course folle pour le sauvetage de Bankia, Madrid a écarté la piste de l'injection directe d'obligations d'Etat afin de refinancer la banque. La recapitalisation passera par l'émission de nouveaux titres de dette.

L'Espagne recapitalisera Bankia via l'émission de nouveaux titres de dette, l'option d'injecter des obligations d'Etat directement dans la banque récemment nationalisée n'ayant pas été retenue, a dit mardi à Reuters une source gouvernementale.   



"Il y a une préférence pour un financement sur le marché. L'autre option (celle d'injecter des obligations d'Etat directement dans Bankia) n'a que des chances marginales d'être retenue", a précisé la source. "Le (fonds de restructuration bancaire) FROB dispose de liquidités et peut aller sur le marché. Le Trésor a également des positions solides en termes de liquidités. Nous choisirons l'un ou l'autre mécanisme", a-t-elle poursuivi.   

L'augmentation des créances douteuses des banques espagnoles depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008 fait de plus en plus craindre une demande d'aide internationale de la part de l'Espagne, également confrontée à l'endettement élevé de ses régions.   

En début de matinée, le rendement de la dette espagnole baissait quelque peu, tout en restant proche de la barre de 6,5% , atteinte lundi dans la foulée du plan d'aide financière demandée par Bankia, la quatrième banque du pays, à l'Etat.

Les dettes régionales fédéralisées

La porte parole du ministère de l'Economie a par ailleurs expliqué que le gouvernement décidera, vendredi, d'adopter un nouveau mécanisme de soutien aux régions du pays, très endettées. Les émissions de dette des régions seront mises en commun  - avec une garantie du Trésor à la clé - pour "réduire la pression" sur ces collectivités qui ont de plus en plus de mal à se financer auprès du marché.

 Les 17 régions espagnoles, qui jouissent d'une grande autonomie, sont une source d'inquiétudes pour les marchés, ayant été responsables des trois quarts du dérapage budgétaire de l'Espagne en 2011.

Perte de 3,3 milliards pour la maison-mère de Bankia

La maison-mère de Bankia, Banco Financiero y de Ahorro (BFA), a annoncé lundi des pertes consolidées de 3,318 milliards d'euros en 2011, dans un communiqué adressé aux autorités boursières espagnoles.

Le montant total de ses actifs toxiques immobilisés ne cesse de grimper. Dans les derniers comptes, il a été réévalué à 41.785 millions d'euros, révèle ainsi El Mundo sur son site internet. Le total des crédits accordés par BFA aux promoteurs et constructeurs immobiliers s'élève à 38.259 millions d'euros.

BFA, qui avait annoncé précédemment des pertes consolidées de 30 millions d'euros en 2011, est né de la fusion de sept caisses d'épargne. Bankia, détenue à 52,4% par BFA, est par la suite devenue une entité séparée du nouveau groupe, spécialisée dans le négoce bancaire et les participations associées au négoce financier et aux actifs et passifs hérités des sept caisses d'épargne.

BFA a ainsi attribué 1,561 milliard de ses pertes à sa participation dans Bankia qui a annoncé vendredi des pertes de 2,979 milliards en 2011. Le groupe attribue "le reste de ses pertes aux actionnaires minoritaires", selon le communiqué. BFA a ajouté que l'"impact de ce montant (3,318 mds EUR, ndlr) est compris dans le plan de sauvetage et la capitalisation du groupe BFA annoncé vendredi. De cette manière, les pertes dévoilées sont complètement couvertes par l'injection de capitaux effectuée par l'Etat dans BFA".

Le groupe bancaire se réfère aux 19 milliards d'euros d'aide publique reçus vendredi par Bankia pour son assainissement.

L'Etat espagnol s'est engagé à apporter tous les fonds nécessaires pour sauver BFA-Bankia, qui représente 10% du système financier espagnol, de crainte que la faillite éventuelle de ce groupe ne contamine tout le secteur bancaire espagnol, fragilisé par l'éclatement de la bulle immobilière en 2008.

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