Banques: ce qui va changer à cause de la génération Y

Appel à des gestionnaires de finances personnelles, ruée sur la banque en ligne... Le secteur financier et plus particulièrement bancaire sera en première ligne de la rupture que va entraîner la génération Y (18-34 ans) dans les habitudes de consommation, estime Bank of America Merill Lynch.

Dans une étude très fouillée, la banque américaine Bank of America Merill Lynch s'est penchée sur les défis et les opportunités propres à la génération Y, amenée à dépasser en nombre la génération des "baby boomers" (nés entre 1946 et 1964) à partir de 2015 aux Etats-Unis.

L'étude estime que 2 milliards d'individus dans le monde appartiennent à cette génération, l'écrasante majorité (86%) vivant dans les pays émergents.

Dans le monde, cette génération représentera 75% de la population active d'ici 2025.

"Comme chaque génération, la génération Y affiche ses particularités, ses clichés et ses contradictions qui sont essentiels à la compréhension de son rôle" dans les changements sociétaux et économiques à venir, estime l'étude.

• Qu'est-ce qui va changer? Les secteurs qui seront les plus perturbés dans les 3 à 5 prochaines années sont le logement, l'automobile, la restauration, la finance, les médias, la technologie et le voyage. La finance se détache particulièrement, estime l'étude.

Manque de confiance dans les institutions financières, manque de fidélité à un établissement... Ceux de la génération Y ont trois fois plus de chance que les baby boomers de ne pas avoir de banque et un tiers d'entre eux estiment ne pas en avoir besoin.

Pourquoi? "Leur passage à l'âge adulte ayant eu lieu en période de grande récession, les membres de la génération Y ont eu des débuts financiers des plus difficiles, avec 71% d'entre eux qui estiment devoir faire face à davantage de difficultés financières que leurs parents au même âge", selon l'étude.

"Pourtant, ils émergent en tant que nouvelle source dominante de richesse et de dépenses, ce qui veut dire que les banques devront évoluer et adapter leur offre au risque de perdre cette clientèle au profit de nouveaux acteurs", souligne l'étude.

A plus long terme, à savoir un horizon de 30 à 40 ans, cette génération devrait bénéficier d'un "grand transfert", quand les actifs des "baby boomers" tomberont en leur possession, un montant estimé à plus de 40.000 milliards de dollars rien qu'aux Etats-Unis.

Des acteurs comme les fintechs (start-ups spécialisées dans la finance et le paiement), les banques en ligne/mobile, les stratégies omnicanale (agence et numérique) ou les investissements socialement responsables sont plus à même de séduire cette génération.

Les gestionnaires de fortune peuvent aussi trouver avec eux des opportunités, 67% des membres de cette génération se disant preneurs d'aide dans la gestion de leurs finances, et près de la moitié d'entre eux (47%) souhaitant recevoir cette aide en face à face.

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