Belfius constitue une provision de près de 400 millions d'euros

Pour se prémunir contre les potentiels défauts de paiement de ses clients, le bancassureur public a mis en place une réserve de 393 millions d'euros.

Sans le coût du risque, Belfius aurait enregistré un résultat net de 421 millions d'euros au cours du premier semestre. Mais comme ses concurrents KBC et ING, le bancassureur a été contraint de constituer des provisions à hauteur de 393 millions d'euros, dont 312 peuvent être considérés comme provisions ex ante. Pour la première moitié de 2019, le coût du risque n'atteignait que 30 millions d'euros.

Marianne Collin, la Chief Risk Officer de l'établissement, a expliqué que Belfius avait procédé à une analyse détaillée de son portefeuille de crédit et qu'elle ne devrait en principe pas réaliser de provisions supplémentaires au cours du second semestre.

9,3
milliards d'euros
Belfius a accordé 9,3 milliards d'euros de financement à long terme au cours des six premiers mois de l'année.

Pour Marc Raisière, le CEO de l'enseigne, le plus important n'est pas là. Belfius a accordé 9,3 milliards d'euros de financement à long terme au cours des six premiers mois de l'année. "Belfius joue pleinement son rôle en soutenant l'économie en cette période inédite et imprévisible", se félicite-t-il.

Cette production de crédits est supérieure à celle générée en 2019 sur la même période, précise Belfius. Il s'agit même du second montant le plus important accordé par la banque en un seul semestre. L'encours total des crédits progresse ainsi de 7% pour atteindre les 97,9 milliards d'euros.

Les reports de paiement

Parallèlement, Belfius a octroyé des reports de paiement pour 24.261 crédits d'entreprises, 14.483 contrats de leasing et 16.166 crédits hypothécaires, ce qui représente un encours total de quelque 6,7 milliards d'euros.

©Photo News

L'autre mesure phare des autorités, les prêts garantis par l'Etat, a rencontré moins de succès, avec seulement 329 millions d'euros de prêts accordés jusqu'au 30 juin, "essentiellement à des clients corporate", précise Marc Raisière. Ce régime de garantie ne s'étendait que sur douze mois, ce qui s'est avéré insuffisant pour bon nombre de PME.

Un nouvel arrêté royal, portant sur la durée de la garantie à 36 mois, a été adopté à la fin du mois de juillet. On pourra dès lors juger de l'efficacité de la mesure, qui dispose d'une voilure de 50 milliards d'euros, sur le second semestre.

Épargne record

"Les clients ont pris peur de la crise et ont affiché la volonté d'épargner davantage."
Marc Raisière
CEO Belfius

Belfius aurait dû présenter sa nouvelle stratégie numérique au printemps, mais la pandémie est venue perturber les plans du bancassureur. La période a néanmoins été mise à profit pour "renforcer proactivement le niveau de digitalisation de ses clients", selon les termes de la banque. Son application mobile a franchi le cap du million et demi d'utilisateurs, une progression de 12% par rapport à 2019.

Une autre conséquence du confinement et du ralentissement économique a été d'inciter les Belges à la prudence. "Les clients ont pris peur de la crise et ont affiché la volonté d'épargner davantage", commente Marc Raisière. En témoigne la progression de quelque 11% de l'encours des comptes courants et d'épargnes détenus par les clients particuliers, pour un total de 67,6 milliards d'euros.

"Nous avons aussi constaté une augmentation des transactions sur les marchés, mais cela n'a aucun rapport avec l'épargne supplémentaire thésaurisée par les particuliers."

Interrogé sur l'accord conclu entre Belfius et Proximus au mois de juin, Marc Raisière promet une néobanque "vraiment originale" qui se matérialisera progressivement à partir du début de l'année prochaine.

Le bancassureur, qui appartient à 100% à l'État fédéral, a par ailleurs confirmé qu'il ne distribuera pas de dividende cette année, comme la Banque nationale en a réitéré la demande.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés