Belfius entre au capital d'Immovlan et veut toujours être plus qu'une banque

D'ici un an, Immovlan aura intégré l'application Belfius. ©BELGA

Belfius prend quasiment un tiers du capital du site de recherche immobilière. Une manière d'élargir son offre à des services non bancaires et de fidéliser sa clientèle.

Belfius a annoncé ce mardi prendre une participation de 30%, dont le montant n'a pas été communiqué, au sein d'Immovlan. Le reste du capital de la plateforme immobilière demeure partagé entre Rossel et Roularta (35% chacun). Selon les trois actionnaires, l'ambition de cette manœuvre est de "faire d'Immovlan la plateforme immobilière digitale de référence sur le marché belge".

4,5
millions de visites par mois
Immovlan enregistre quelque 4,5 millions de visites par mois sur son site.

Avec Immovlan, Belfius entend développer son écosystème immobilier. Le marché belge représente pas moins de 75 milliards d'euros de dépenses par an, la brique restant la forme d'épargne et d'investissement préférée des particuliers. Immovlan, qui enregistre en moyenne 4,5 millions de visites et 300.000 contacts par mois, propose quelque 140.000 biens à louer ou à vendre. Une fabuleuse mine d'or sur laquelle le bancassureur compte dorénavant capitaliser.

D'ici un an, Immovlan intégrera verticalement l'app Belfius. Alors que le nombre de visites virtuelles de biens immobiliers est en train d'exploser, encouragé par la pandémie, Marc Raisière voit dans cet investissement une manière de renforcer la marque Belfius. "C'est le bon moment pour investir", fait valoir le CEO de Belfius. "C'est une opération stratégique qui s'inscrit dans une logique d'innovation." 

"C'est le bon moment pour investir. C'est une opération stratégique qui s'inscrit dans une logique d'innovation."
Marc Raisière
CEO Belfius

L'arrivée de Belfius dans le capital d'Immovlan donne le cap que prendra le développement de la plateforme: "mobile first". Ainsi, depuis l'application, un candidat acquéreur pourra par exemple consulter une offre, procéder à une visite virtuelle, recevoir une proposition de crédit hypothécaire pour financer l'achat et ensuite encore conclure un ou plusieurs contrats d'assurance à cet égard.

Beyond banking

Il s'agit là d'une nouvelle immersion dans l'immobilier pour Belfius. A l'automne 2018, le bancassureur public sortait pour la première fois des sentiers financiers pour lancer Jaimy, une plateforme devant faire le lien entre les propriétaires et les réparateurs. Celle-ci a intégré l'application mobile de Belfius dans la foulée et connaît aujourd'hui un succès croissant, selon Marc Raisière. "Jaimy sera rentable dès l'an prochain, conformément à nos prévisions", se félicite-t-il.

L'immobilier est un axe de réflexion pour Belfius. "Nous avons déjà envisagé de proposer des services immobiliers dans nos agences bancaires, mais la loi est restrictive sur ce point", déclare Marc Raisière, qui ajoute ne pas avoir abandonné l'idée. De cette manière, Belfius entend "étendre la relation de confiance qu'elle entretient avec ses clients pour leur patrimoine mobilier à leur patrimoine immobilier".

Cette annonce intervient trois mois après celle d'Immoweb, la plateforme immobilière de référence en Belgique qui représente plus de la moitié du marché. En février, le site web officialisait l'accord noué avec Keytrade Bank afin de proposer des crédits hypothécaires en ligne.

Ces opérations s'inscrivent dans le cadre du "beyond banking", par lequel les établissements bancaires proposent des services non financiers pour les garder au sein de leur écosystème. En poursuivant cette stratégie, Marc Raisière concrétise un peu plus sa volonté de faire de Belfius "plus qu'une banque". Il confie par ailleurs que d'autres accords dans cette optique seront bientôt annoncés. Comme une participation au site de vente de voitures d'occasion Gocar.be, lui aussi détenu par Rossel et Roularta? "Je ne dis jamais jamais", répond Marc Raisière.

"La pandémie va nous coûter des centaines de millions d'euros"

Comme ses principales concurrentes, Belfius est actuellement en train de réaliser des provisions afin de se parer contre les potentielles réductions de valeur sur les crédits. "Nous parlons peut-être de centaines de millions d'euros", explique Marc Raisière, le CEO.

Mi-mai, KBC annonçait que ces réductions pourraient atteindre 1,6 milliard d'euros, dans un scénario du pire. Belfius estime qu'il est encore trop tôt pour réaliser de telles projections. "Pour estimer précisément l'impact de la crise, nous sommes en train de procéder à l'analyse de notre portefeuille clients dossier par dossier. C'est un travail de titan, mais c'est la seule manière d'évaluer correctement les conséquences financières pour Belfius. Nous communiquerons à ce sujet en août, à l'occasion des résultats semestriels."

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