Belfius, l'ACW et le MOC déchirent le contrat qui les liait

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ACW, MOC et Belfius ont annoncé qu’ils avaient mis fin au contrat commercial qui les liait. Ce n'est pas un aveu de culpabilité, selon Thierry Jacques, président du MOC.

La décision, qui était envisagée depuis plusieurs jours, a été prise pour "éviter davantage de grabuge", précise l’ACW, qui souligne qu’un accord commercial de ce type est toutefois "une pratique correcte et courante".

"Cela nous a paru la décision la plus raisonnable, vu la tornade politico-médiatique qu’il y a en Flandre, renchérit Thierry Jacques, président du MOC. Mais il est clair que ce n’est pas un aveu de culpabilité. La meilleure preuve que nous n’avons rien à nous reprocher, c’est que nous avons mis à disposition du président de la Chambre les différents contrats passés entre Belfius et le mouvement ouvrier chrétien."

Y compris, donc, celui qui concerne l’accord commercial signé entre l’ACW/MOC et Belfius. Belfius Banque précise dans un communiqué avoir transmis ces différents contrats "en concertation et en accord avec son client".

A savoir

Terwingen (CD&V) espère la fin de la polémique

Commentant le fait que l'ACW, de même que son pendant francophone, le MOC, ont renoncé à la rétribution supplémentaire de 1,5% qui leur avait été octroyée par la banque publique Belfius, le chef de groupe CD&V à la Chambre Raf Terwingen a dit espérer que ce nouvel élément mettrait fin à la polémique.

Il est maintenant de l'intérêt tant de la banque que du contribuable que toute la clarté soit faite, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, Belfius a indiqué dans son communiqué qu'en concertation avec l'ACW et le MOC les divers contrats de l'accord global ont été transmis au président de la Chambre. En séance, André Flahaut n'a pas fait état du fait qu'il avait déjà reçu ces documents.

Certains parlementaires ont fait remarquer que la partie secrète de l'accord ayant été dénoncée, la confidentialité de l'examen des documents n'était peut-être plus de mise. "Lorsque nous disposerons des documents, nous déterminerons les conditions de consultation", a répondu M. Flahaut.

Baptisé "accord secret" par certains journaux, ce contrat commercial, négocié dans le cadre du rachat des parts bénéficiaires que détenait le mouvement ouvrier chrétien dans Belfius, avait suscité énormément de critiques, que ce soit vis-à-vis du MOC et surtout de l’ACW, ou vis-à-vis du ministre des Finances, Steven Vanackere, qui a fini par remettre sa démission…

Un bonus contesté

L’accord sur le rachat des parts bénéficiaires que détenait le mouvement ouvrier chrétien dans Belfius, finalisé le 31 janvier dernier, prévoit un prêt perpétuel de 72 millions d’euros du mouvement ouvrier chrétien à Belfius. Ce prêt, qui permet à l’institution financière de renforcer son capital, subsiste et est rémunéré à un taux fixe de 6,25%.

Mais le contrat commercial qui s’y ajoutait est, lui, déchiré. Ce contrat prévoyait que si certaines conditions étaient respectées, en termes de montants déposés par les différentes composantes du mouvement auprès de la banque ou de primes d’assurances payées, un taux variable, plafonné à 1,5%, pouvait venir s’y ajouter. C’est donc ce "bonus" qui disparaît.

"Nous espérons que cela mettra fin à l’agitation autour d’un accord commercial comme il en existe des milliers dans ce pays", commente Thierry Jacques. Et cela ne devrait pas empêcher le mouvement ouvrier chrétien de continuer à être client de Belfius.

Pour l’ACW, qui détenait 85% des parts bénéficiaires, cela représente une rentrée potentielle de 906.000 euros de moins maximum chaque année, précise son président Patrick Develtere. Cela risque de faire mal à l’ACW, déjà en restructuration suite à la débâcle d’Arco, le bras financier du mouvement ouvrier chrétien, et de Dexia. Pour le MOC, l’impact devrait tourner autour de 125.000 euros maximum. "Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’évaluer précisément les conséquences que cela pourrait avoir sur notre personnel. Mais c’est clair que cela nous porte préjudice", réagit Thierry Jacques.

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