Belfius n'est toujours pas cotée, mais la facture est déjà de 10 millions

©REUTERS

Interrogé par le député Ecolo Georges Gilkinet, Johan Van Overtveldt a précisé le montant de la facture actuelle pour les travaux préparatif de l'introduction en Bourse de Belfius. Une IPO qui se fait toujours attendre.

Belfius va-t-il ou non entrer en Bourse? À cette heure, la question reste toujours sans réponse. Mais si aucune décision formelle n'a encore été prise par le gouvernement, en coulisse le travail se poursuit. La "Libre Belgique" annonce donc que le coût des préparatifs de cette IPO se chiffre autour de 10 millions d'euros. Telle est la réponse du ministre fédéral des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) interrogé par Georges Gilkinet (écolo).

Si depuis son sauvetage de la banque belge, l'État affirmait ne pas avoir vocation à détenir à long terme une banque,  c'est l'été dernier que le gouvernement Michel prenait la décision de procéder à une privatisation partielle de Belfius. Il se fondait sur une étude du consortium Bank of America/Merrill Lynch/Eubelius/KPMG. Noura et Clairfield ont quant à eux été désignés comme conseillers financiers, et Freshfields comme conseiller juridique des autorités. En outre, un syndicat de banque d'affaires (chargé du placement des titres) a été désigné, qui comprend Citibank, KBC, Belfius et Fortis.

Coût de ces conseillers: jusqu'à 2 millions d'euros. Johan Van Overtveldt taira le détail du solde de la facture, évoquant le "caractère confidentiel de ce type de procédure."

Mais voilà, même si le mécanisme semblait bien huilé, qu'un calendrier avait été ébauché avec une opportunité d'opérer cette introduction sur les marchés au printemps, du sable s'est mis dans l'engrenage:

La situation des marchés: L'introduction en bourse partielle de Belfius n'est "pas facilitée" par la baisse des cours depuis avril, reconnaît Johan van Overtveldt. Valorisée entre 7 et 9 milliards d'euros, la vente de 25 à 33% de la banque sur les marchés aurait permis à l'État de toucher entre 1,75 et 3 milliards d'euros. Aujourd'hui, les actions bancaires européennes accusent un recul de 10% par rapport au niveau de mai. Johan Van Overtveldt ajoute tout de même que l'IPO est "toujours à l'agenda." 

Le dossier Arco: C'est probablement là le noeud du problème. On se souvient de la promesse faite aux coopérateurs du bras financier du mouvement ouvrier chrétien, actionnaire important de Dexia et qui a été entraîné vers le fonds dans la chute du groupe bancaire. Octroyer une garantie à ces coopérateurs, c'était la volonté d'Yves Leterme (CD&V alors Premier ministre) mais cela a été balayé d'un revers de main par la Commission européenne y voyant une aide d'État. Depuis les gouvernements successifs planchent sur une solution.

En 2016, Charles Michel formait une task force spéciale chargée de démêler le problème. Histoire de maintenir la pression, le CD&V (dont une partie importante de la base électorale est victime de la chute d'Arco) exigait de coupler l'IPO de Belfius à une solution "Arco". Les socio-chrétiens flamands proposaient ainsi d'octroyer une partie des recettes de l'IPO à l'enveloppe d'indemnisation des coopérateurs. On en est toujours là.

→ Sans un retrait de cette condition par le CD&V, le dossier de l'IPO de Belfius est condamné à trouver d'abord une issue pour Arco et donc d'obtenir l'aval de la Commission européenne, ce qui ne sera pas tâche aisée.

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