Belfius pose ses conditions pour l'IPO

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Le conseil d'administration de la banque Belfius met un coup de pression sur le gouvernement. Réuni hier soir, il a donné son accord à une introduction en Bourse partielle de la banque, mais impose une condition: le gouvernement doit au préalable impérativement avoir le feu vert de l'Europe sur la solution Arco.

Les administrateurs de Belfius étaient réunis hier soir. À l'agenda du jour: l'introduction en Bourse de l'enseigne prévue au printemps dernier et qui a été reportée à cet automne.

Le conseil a ainsi approuvé l'opération, mais appose un grand "MAIS". Il faut mettre fin à l'insécurité qui règne autour du dossier Arco. Pour cela, ils mettent le gouvernement au pied du mur: l'IPO de Belfius ne sera effectuée si seulement si l'équipe Michel obtient le feu vert de l'Europe sur le deal Arco.

Le gouvernement avait en effet indiqué cet été que la banque serait dans un premier temps partiellement introduite sur les marchés. Une partie des fonds ainsi récoltés serait alors réservée et versée à l'enveloppe pour dédommager les coopérateurs lésés d'Arco.

L'épine qui peut être douloureuse

Cette dernière étape est selon les membres du conseil de la banque empreinte d'une incertitude totale, de quoi miner l'attrait des investisseurs potentiels. En effet, la banque est chargée d'alimenter elle aussi l'enveloppe "Arco" à hauteur de 50 millions d'euros. Elle a par ailleurs accepté de verser, à son unique actionnaire qu'est l'État, un dividende de 400 millions d'euros. Mais qu'adviendrait-il si l'Europe exigeait le remboursement de l'argent des coopérateurs? Et si des amendes étaient exigées?

Pour le Conseil, il est donc essentiel avant toute introduction en Bourse de balayer ces incertitudes. Et donc, pas d'IPO tant que l'Europe ne valide pas l'accord sur Arco.

Argument supplémentaire évoqué par Belfius: le regard attentif de la BCE pour cette opération. Régulateur de la banque, la BCE pourrait en effet considérer l'IPO comme associée à trop de risques et ainsi intervenir. 

La balle est donc une fois de plus dans le camp du gouvernement. Tiendra-t-il ou non compte de cet avis? Si tel est le cas, les tensions risquent de se faire ressentir au sein du gouvernement, car il devra être question de revoir l'accord sur Arco au risque de provoquer la colère du CD&V et de son Vice-premier ministre, Kris Peeters.

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