Belfius reporte la question de sa présidence

©Didier Jouret

Le banquier Filip Dierckx devait être proposé cette semaine au conseil d'administration de Belfius pour en prendre sa présidence. Il semble que la décision soit reportée afin d'en savoir plus sur les éventuels conflits d'intérêts dont ferait l'objet l'ex-numéro deux de BNP Paribas Fortis.

Le conseil d’administration de Belfius devait se réunir ce jeudi avec, à son ordre du jour: le choix d’un nouveau président. Or ce mardi, le comité des rémunérations et des nominations, composé de Jos Clijsters, l’actuel président de Belfius, de Lutgart Van den Berghe et de Carine Doutrelepont, a décidé de reporter le dossier, selon De Standaard.

Le dossier de la succession du président devrait réapparaître en début d'année prochaine. Belfius n'a en effet pas beaucoup de temps pour prendre une décision. 

Le mandat de Jos Clijsters vient à échéance en avril. Néanmoins, le candidat président devra encore être analysé par les régulateurs la BNB et la BCE, afin de voir s'il répond aux conditions de "fit & proper". Cette procédure peut durer plusieurs mois.

Dierckx, le favori

La liste de ses remplaçants potentiels ne comprend plus que quelques noms. Selon plusieurs sources, le favori n’est autre que Filip Dierckx, jusqu’il y a peu le numéro deux de BNP Paribas Fortis.

Mais la décision définitive ne revient pas aux administrateurs de Belfius. Elle incombe à l’État fédéral, qui est le seul actionnaire de la banque depuis sa nationalisation en 2011. À la fin du mois d’avril, le gouvernement devra approuver la nomination du nouveau président lors de l’assemblée générale de la banque.

Entre-temps, la procédure de validation du candidat à la présidence passera par d’autres instances, non moins importantes. Ainsi, l’autorité de surveillance belge (la Banque nationale) et la BCE devront examiner le caractère "fit and proper" du candidat proposé pour la fonction. En clair, s’il est intègre et compétent. Cette évaluation va prendre quelques mois.

Ce ne serait pas la première fois que Filip Dierckx doive passer un tel screening. En 2013, la Banque nationale l’avait estimé "fit and proper", malgré sa mise en examen dans l’affaire Fortis: il avait donc pu rester numéro deux de BNP Paribas Fortis. L’éventuel conflit d’intérêts du banquier Dierckx à l’égard de SD Worx, le groupe de services RH, sera très probablement examiné de près lors de cette procédure d’évaluation.

Confusion d’intérêts

La discussion relative au nouveau président (…) doit se dérouler au Parlement.
jan BERTELS
député sp.a

Selon plusieurs sources, Filip Dierckx s’est livré à une confusion d’intérêts dans le cadre d’un dossier de crédit octroyé par la banque au groupe RH, dont il est le président exécutif. Lors d’une réunion avec des banquiers de BNP Paribas Fortis, Filip Dierckx aurait déclaré à deux reprises qu’"il y était en qualité de président de SD Worx". Ces mêmes sources avancent que cette situation a provoqué son départ anticipé et soudain de BNP Paribas Fortis.

Filip Dierckx le dément. Au début de ce mois, il avait déclaré qu’il était difficile pour lui de continuer à travailler chez BNP Paribas dans la mesure où son intérêt pour la présidence de Belfius avait fuité.

Entre-temps, le remplacement de Jos Clijsters anime lui aussi les débats politiques.

Ainsi, le Parti socialiste flamand (sp.a) a exigé ce mardi la réunion de la commission des Finances de la Chambre en vue de discuter de la banque publique.

"La discussion relative au nouveau président est appelée à se dérouler en même temps que les débats sur la privatisation de la banque. Nous estimons que ce n’est pas possible en affaires courantes. Le sujet doit être discuté au Parlement", a déclaré le député Jan Bertels (sp.a).

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