Belfius, une proie pour ING?

©BELGA

D'après un analyste de Rabobank, la banque ING pourrait s'intéresser à Belfius. Ensemble, ING et Belfius deviendraient la première banque de Belgique.

La banque néerlandaise ING pourra, à partir du 18 novembre prochain, refaire des acquisitions. D'après Cor Kluis, un analyste de Rabobank, la banque Belfius pourrait être intéressante à ses yeux.

Contactées par nos soins, les deux banques concernées n'ont pas souhaité s'étendre sur le sujet.

Selon un rapport de Rabobank, sur les 19 milliards d’euros de capital qu'ING devrait générer au cours des trois prochaines années, 12 milliards seront consacrés à la croissance interne et aux dividendes. Il restera alors 7 milliards qui pourront être gardés comme trésor de guerre, restitués aux actionnaire ou utilisés pour de nouvelles acquisitions, confie l’analyste Cor Kluis de la Rabobank. Il estime que ces trois options sont toutes autant attirantes.

"Leur combinaison les porterait à 25 à 28%, ce qui en ferait la première banque en Belgique."
Cor Kluis
Analyste chez Rabobank

Bien que le directeur financier de ING, Patrick Flynn, ne parle pas d’acquisitions, Cor Kluis estime que la banque belge Belfius pourrait constituer une proie de choix pour la banque néerlandaise. Ces deux banques ont en effet un potentiel de synergies important, notamment parce que leurs activités sont similaires. "Stratégiquement, cette reprise pourrait bien se passer, car autant ING que Belfius ont une part du marché de 13 à 15% en Belgique. Leur combinaison les porterait à 25 à 28%, ce qui en ferait la première banque en Belgique", explique Cor Kluis.

11 à 12 milliards d'euros serait le prix maximal que ING serait prêt à offrir à Belfius, toujours selon l'analyste de Rabobank. C'est-à-dire trois fois plus que le montant  payé par l'Etat belge pour acquérir l'ancienne Dexia en 2011.

1. Une fusion avec une autre grande banque

2. Une reprise par une banque étrangère

3. Status quo, avec l'Etat comme unique actionnaire

4. IPO à la belgacom, avec l'Etat qui reste actionnaire

5. Vente par appartement

Cette analyse fait écho aux propos tenus en octobre  dernier par Luc Coene, l'ancien gouverneur de la Banque nationale de Belgique. "Une concurrence féroce sévit en Belgique sur le marché des hypothèques et des prêts aux entreprises, ce qui met les marges des banques  sous pression", avait-il déclaré. Selon lui, "quatre grandes banques en Belgique, c'est au moins une de trop". Il estimait alors que "les banques feraient dès lors mieux de fusionner ou d'être reprises par des banques étrangères".

Marc Raisière, le CEO de Belfius n'avait pas manqué de réagir. "Si une des quatre grandes banques  belges doit disparaître, cela ne peut se faire que par fusion avec une des trois autres. Or, il est faux de prétendre que le seul non-remplacement des baby-boomers permettra de régler la question des sureffectifs. En cas de fusion, le bain de sang social est inévitable."

 

 

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