La Belgique et la France souhaitent prolonger leur garantie sur Dexia

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Renouveler la garantie de financement dont bénéficie Dexia au-delà du 31 décembre 2021: c'est la volonté commune des Etats belge et français. Côté résultats, le groupe bancaire poursuit la réduction de son bilan et enregistre une stabilisation de sa perte nette.

Les États belge et français ont notifié à la Commission européenne leur volonté de renouveler la garantie de financement dont bénéficie Dexia au-delà du 31 décembre 2021. Le Luxembourg ne participerait plus au nouveau système de garantie. Ce système avait été décidé lors de la chute du groupe en 2011 afin de pouvoir se financer sur les marchés dans l'objectif de gérer son extinction.

À l'époque, cette garantie avait fait grincer des dents compte tenu de son montant (près 46% des 85 milliards d'euros octroyés à charge de la Belgique) et du risque qu'elle faisait peser sur les finances de l'État. 

"Le projet proposé par les États fait encore l'objet de discussions", précise Dexia. S'il est approuvé par la Commission européenne, il devrait également être validé en Belgique et en France selon les procédures applicables dans chaque État. Et, par la suite, être traduit dans une convention à conclure entre l'institution bancaire et les deux États.

Si la convention est mise en oeuvre, sur base du projet actuellement envisagé, "la commission que Dexia payerait aux États en cas de liquidation au titre de la rémunération de la garantie pourrait absorber le produit net de liquidation de Dexia", indique encore la banque.

Avec pour résultat que les détenteurs de dettes hybrides ainsi que les actionnaires de Dexia SA/NV n'en percevraient aucun produit. L'actuelle garantie de financement court jusqu'à la fin 2021. Grâce à cela, la France, la Belgique et le Luxembourg peuvent garantir un montant maximal de 85 milliards d'euros. Cette garantie est un héritage de la période de la crise financière.

Après un premier sauvetage en 2008, la banque s'était à nouveau effondrée à l'automne 2011 à la suite de la crise de la dette en Europe. Le gouvernement Leterme avait alors nationalisé la banque belge, qui a fait place à l'actuelle Belfius, et la société cotée en bourse Dexia est devenue une banque résiduelle. Cette dernière est depuis lors en procédure de résolution ordonnée et poursuit la liquidation de ses actifs.

Dexia réduit son bilan mais reste dans le rouge

Dexia note dans ses résultats annuels pour 2018 une réduction de son bilan de 14% à 158,8 milliards d'euros. Son portefeuille d’actifs commerciaux est en baisse de 14 milliards d'euros, tandis que l'impact attendu de la déconsolidation de Dexia Kommunalbank Deutschland au 2e trimestre 2019 est de -24 milliards d'euros. 

"Dans la lignée des efforts de simplification du groupe et de réduction des portefeuilles commerciaux initiés en 2017, nous avons poursuivi en 2018 notre objectif de réduction du bilan, des risques et de l’empreinte géographique du groupe. Après avoir cédé notre filiale israélienne et fermé notre succursale de Lisbonne, nous avons signé, en décembre dernier, un accord de vente de notre filiale allemande. Cette vente est une étape importante dans la résolution ordonnée du groupe. Elle permettra de faciliter la poursuite de la résolution et de réduire le bilan de Dexia d'environ 15 % supplémentaires, au-delà des 14 % réalisés en 2018", a indiqué Wouter Devriendt, administrateur délégué de Dexia.

Le groupe fait état d'une perte nette part du groupe de 473 millions d'euros au 31 décembre 2018, contre une perte de 462 millions pour l'année 2017. Dexia accuse également une perte brute d'exploitation liée aux éléments récurrents de 323 millions d'euros contre une perte de 345 millions il y a un an. 

Le groupe bancaire pointe du doigt l'impact significatif des taxes et contributions réglementaires (-105 millions d'euros); le résultat net récurrent de -210 millions d'euros, intégrant un coût du risque fortement positif (+128 millions); et l'impact négatif des éléments de volatilité comptable (-144 millions d'euros) et des éléments non récurrents (-119 millions d'euros) principalement liés à la stratégie volontariste de réduction du bilan.

Le groupe affiche une perte nette bancaire de 232 millions d'euros contre une perte de 123 millions d'euros il y a un an.

Au 31 décembre 2018, les fonds propres "Common Equity Tier 1" du groupe Dexia étaient de 8,1 milliards d'euros contre 6,5 milliards un an auparavant. La première application de la norme IFRS 9 au 1er janvier 2018 a conduit à une augmentation de 2,1 milliards d'euros des fonds propres prudentiels du groupe.

A la fin de l'année, le groupe Dexia disposait d'une réserve de liquidité de 16,3 milliards d'euros, pratiquement inchangée par rapport à 2017. 

> Le communiqué complet de Dexia

 

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