BNP Paribas confie à Morningstar sa recherche d'actions en Asie

©AFP

La réglementation MIFID II et ses exigences en matière de rémunération des opérations de trading sont avancées par le groupe BNP Paribas pour expliquer le fait de confier à Morningstar l'activité asiatique de recherche d'actions; une opération qui passera par des suppressions d'emplois.

Aux quatre coins du monde, les activités de banque d'investissements sont passées à la loupe. Et pour cause, la poule aux oeufs d'or d'hier n'est plus. La crise financière de 2007-2008 a laissé des cicatrices qui peinent à guérir, surtout avec l'introduction de nouvelles régulations.

Alors que Deutsche Bank planche sur les dernières modalités de son plan de restructuration – qui, selon toute vraisemblance, devrait passer par une réduction de sa banque d'investissements – le groupe BNP Paribas prend, lui aussi, des mesures pour réduire les coûts de cette activité. Argument avancé: répondre aux exigences réglementaires.

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actions
Morningstar va couvrir quelque 150 actions réparties dans six secteurs industriels et cotées sur les marchés de Chine, Hong Kong, Singapour, Corée du Sud et Taiwan.

Il annonce ainsi sa volonté de confier son activité "recherche financière en actions" en Asie à Morningstar Ce dernier prendra la couverture, au nom de BNP Paribas, de quelque 150 actions réparties dans six secteurs industriels et cotées sur les marchés de Chine, Hong Kong, Singapour, Corée du Sud et Taiwan.

MIFID II en ligne de mire

Selon certaines sources, compte tenu de ce transfert d'activité, l'équipe d'une dizaine de personnes installée principalement à Hong Kong et Singapour quittera la banque. Seule une poignée de spécialistes resteront à leur poste.

Avec les récents changements réglementaires associés aux conditions de marché, les banques doivent adapter leur modèle d'activités de trading, le tout en continuant de répondre aux attentes des clients.
BNP Paribas

Depuis l'entrée en vigueur de la directive européenne sur les instruments financiers (MIFID II) et la nouvelle politique de rémunérations, les gestionnaires d'actifs ne sont plus disposés à payer autant pour leur sélection d'actions. Cette réglementation oblige en effet de facturer en toute transparence le prix de la recherche financière sur les actions, fournie auparavant à titre gracieux par les brokers. Jusqu'ici, ces derniers se rémunéraient donc uniquement via les frais d'exécution.

Les banques d'investissements sont donc forcées à revoir leur taille à la baisse ou à externaliser certaines activités.

BNP et d'autres

Lors de la publication de ses résultats annuels, le groupe BNP Paribas avait ainsi annoncé que le pôle CIB (corporate and investment banking) allait "amplifier sa transformation" pour faire face à une perte de revenus. Il était notamment question d'une analyse des activités non stratégiques, sous-dimensionnées ou non profitables. Le groupe énonçait aussi un développement "sélectif" de l'activité aux États-Unis et en Asie.  

©Document BNP Paribas

La couverture "actions" effectuée par des sociétés extérieures aux banques gagne donc en popularité. L'autre géant bancaire français, Société Générale, a aussi déjà franchi le cap en décembre 2016. C'est désormais la société singapourienne Smartkarma qui fournit les services aux clients institutionnels asiatiques de Société Générale. 

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