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Bpost banque sera reprise à 100% par Fortis

Max Jadot, CEO de BNP Paribas Fortis ©Wouter Van Vooren

Bpost et BNP Paribas Fortis détenaient le bancassureur à 50-50 depuis 1995. Avec son offre sur le solde à un prix entre 100 et 120 millions d'euros, BNPPF vise désormais les 100%.

C'est un nouveau chapitre qui s'ouvre pour bpost banque. Détenue jusqu'ici à 50-50 par l'opérateur postal et par BNP Paribas Fortis (BNPPF), le bancassureur va changer de mains, a-t-on appris mercredi en soirée. À la manœuvre? BNPPF, qui envisage de reprendre la totalité des parts, à un prix "dans une fourchette comprise entre 100 et 120 millions d'euros", évoquent les deux parties après signature d'une lettre d'intention non contraignante. Des accords contraignants sont prévus pour mars prochain, après aval préalable par les autorités réglementaires de rigueur.

200
millions €
L'offre de de BNPPF valorise bpost banque aux alentours de 200 à 240 millions d'euros.

Etonnant? Les deux sociétés étaient en réalité déjà liées par une convention de partenariat courant jusqu'en 2021, après un renouvellement intervenu fin 2013 et accompagné d'une augmentation de capital de 100 millions d'euros. Celle-ci arrivant bientôt à échéance, l'heure était propice à une réflexion stratégique quant à l'avenir de la joint-venture mise sur pieds par les deux acteurs en 1995 sous le nom de "Banque de La Poste".

À ce jour, les principaux produits de bancassurance distribués par bpost banque, par le biais de bpost, comprennent des comptes à vue, des comptes d'épargne, des comptes à terme, et des certificats de dépôts et de fonds. Via BNP Paribas Fortis, l'entreprise propose en sus des produits structurés tels que des assurances accident et/ou maladie et des produits liés aux rentes et pensions, en ce compris les assurances-vie ‘branche 21’ et ‘branche 23’ proposées par l'assureur attitré de BNNPF, AG Insurance.

Au 31 décembre 2019, bpost banque comptait près de 720.000 comptes à vue et un peu plus de 876.000 comptes épargne. Fort de quelque 600.000 clients actifs, le bancassureur enregistrait un bénéfice net de 21 millions d'euros l'an dernier. L'acteur occupe la dixième place sur le marché belge de la banque, avec une part de marché d'environ 3%, entend-on.

La banque aux banquiers

Pour le reste, dans le cadre de l'annonce, bpost fait savoir qu'il continuera à fournir - moyennant une commission toujours à définir payée par BNPPF - des services bancaires, sous marque bpost banque. En retour, Fortis pourra de son côté bénéficier d'un alléchant réseau de quelque 660 bureaux de poste - "un avantage colossal", évoquait récemment Frank De Keyser, CEO de bpost banque ayant travaillé préalablement 35 ans chez Fortis. Le bancassureur ne dispose après tout plus à ce jour que de 463 agences - pour plus de 1.300 distributeurs automatiques - après la fermeture de 123 agences cette année, tendance de fond dont rien n'indique la fin à ce stade, et surtout pas suite à ce deal. BNPPF reste toutefois le mieux doté du pays.

660
bureaux de poste
Bpost compte quelque 660 bureaux de poste dans le pays.

Alors, pourquoi tirer un trait pour bpost? Du côté de l'opérateur postal, l'on motive la décision de quitter l'activité bancaire en raison d'un secteur "caractérisé par des marges faibles, des taux d'intérêt bas et des exigences strictes en matière de capital afin de pouvoir maintenir une banque indépendante de petite taille en activité".

Alors, bpost banque a bien tenté de se battre, en développant notamment un portefeuille de prêts hypothécaires plus rentables - le bancassureur compte approximativement pour 6,2 milliards d'euros de prêts à son bilan -, dit-elle, mais ce développement s'est accompagné dans le même temps "d'exigences de fonds propres plus élevées" et, aussi, d'une "possible augmentation des risques de défaillance", indique Bpost dans son rapport annuel.

En ce sens, bpost banque a mis de côté 1,9 million d'euros cette année pour essuyer d'éventuelles pertes de crédit liées à la pandémie, évoquait fin octobre son CEO. Mais difficile de voir clair à ce stade, car "ce n'est que lorsque les mesures de soutien du gouvernement cesseront que nous pourrons voir si les clients ont vraiment des problèmes de paiement. Cela deviendra probablement clair à partir de novembre". Depuis, plus de nouvelles.

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