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Chez Belfius, 400 millions sont disponibles pour régler le cas Arco

©Bloomberg

La banque est en capacité de réaliser dès à présent cette remontée de cash vers l’État. Du côté de la liquidation d’Arco, le cap des 800 millions d’euros sera atteint avec la vente imminente d’Auxipar.

Dans quelques jours, les 42% détenus jusqu’ici par le groupe Arco dans Auxipar changeront de mains et passeront pour l’essentiel dans celles de Belfius, déjà actionnaire à 39,7% (via sa filiale Belfius Insurance), a appris L’Echo.

Ce deal, d’un montant supérieur à 30 millions d’euros, fera de Belfius l’actionnaire largement majoritaire d’Auxipar. Celle-ci détient plusieurs chaînes de pharmacies (notamment EPC côté francophone, qui compte une centaine d’officines) et des participations dans notamment Vlaams Energieholding, Elia ou Socofe.

→ Retrouvez notre édito: On arrête l'impro

800 millions d’euros récupérés

Selon nos informations, une fois l’opération Auxipar bouclée, les cessions d’actifs auront permis aux liquidateurs d’Arco de récupérer au total quelque 800 millions d’euros, soit plus de 230 millions d’euros en plus que ce qu’en donnait Deloitte au moment de la mise en liquidation.

L'IPO de Belfius en 6 questions

Alors que chez Belfius, on bosse depuis des mois pour peaufiner les détails de l’entrée en Bourse, au niveau politique, ça bloque. En cause, le dossier Arco et le remboursement des coopérateurs asséchés par la déroute de Dexia. Explications >

De quoi donner à Arco la possibilité de contribuer, à hauteur d’une centaine de millions d’euros, au plan de 600 millions d’euros que le gouvernement fédéral tente de faire valider actuellement par la Commission européenne, au titre de compensation pour les pertes subies par les nombreux coopérateurs qui ont investi dans Arco.

En liquidation depuis 2011

Pour rappel, le groupe coopératif Arco était le bras financier du Mouvement ouvrier chrétien (MOC en français, ACW en flamand, rebaptisé Beweging.net). Arco est en liquidation depuis fin 2011 et le démantèlement de Dexia, dont il était un des principaux actionnaires. Près de 800.000 coopérateurs, en grande majorité flamands, y ont pris des parts, qui ne valent plus rien aujourd’hui.

Depuis lors, le dossier est sur la table du gouvernement fédéral, car celui-ci s’est engagé sur une solution qui permette aux coopérateurs de récupérer une partie de leur mise (les 600 millions correspondent à 40%). Arco pollue en outre le projet du même gouvernement de mettre en Bourse une partie du capital de Belfius, puisque celle-ci n’est autre que l’ancienne Dexia Banque Belgique.

À noter, parmi les créanciers privilégiés d’Arco se trouve… Belfius. C’est que Dexia a en son temps prêté à Arco quelque 350 millions d’euros au total, de quoi tenir son rang au sein du capital de la banque au cours des augmentations de capital qui ont émaillé la crise. Cette créance est passée chez Belfius.

Arco pollue le projet du gouvernement de mettre en Bourse une partie du capital de Belfius, puisque celle-ci n’est autre que l’ancienne Dexia Banque Belgique.
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400 millions d’euros dispo chez Belfius pour le deal Arco

Du côté de Belfius, ce sont 400 millions d’euros qui sont prêts à être remontés vers l’État, son actionnaire, sous la forme d’un dividende exceptionnel.

Même avec un objectif interne de solvabilité à 15,5%, il y a de quoi sortir 400 millions d’euros dès à présent.

La solvabilité de la banque permet en effet cette remontée de cash. La maison affichait fin décembre une solvabilité de 15,9%. Belfius est tenue d’évoluer au-dessus de 11,25% aux yeux de la Banque centrale européenne et en interne, l’objectif est de 15,5%. A ce niveau-là, il y a de quoi sortir 400 millions d’euros dès à présent. Autrement dit, ce n’est pas (ou plus) l’argent qui pose un problème dans le dossier Arco. En additionnant les montants disponibles chez Arco et Belfius et en y ajoutant l’abandon de créances par des organisations sociales liées au mouvement chrétien (syndicat, mutualité, etc.), l’argent est là.

Deminor

À noter encore, Belfius prévoit également d’intervenir avec jusqu’à 25 millions d’euros envers les quelque 2.200 coopérateurs d’Arco qui ont assigné la banque devant le tribunal de commerce de Bruxelles. L’objectif est ici de transiger pour éteindre les poursuites engagées par Deminor au nom de ces coopérateurs.

Ceux-ci sont d’avis qu’on leur a vendu des titres Arcopar sans les informer dûment des risques qui y étaient liés.

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