Chez KBC, votre banquier personnel sera un robot

Johan Thijs, CEO de KBC, a présenté ce vendredi Kate, le nouvel assistant électronique intelligent qui équipera l'application mobile à partir de novembre. ©Photo News

Pour se démarquer dans un marché de plus en plus concurrentiel, KBC lancera en hiver un assistant personnel intelligent sur son application mobile: Kate.

Il y a une semaine, Belfius faisait l’événement dans le monde bancaire en annonçant un partenariat d’une ampleur inédite avec l’opérateur télécoms Proximus. Les contours de cet accord demeurent flous, mais le bancassureur public franchissait un jalon important dans le beyond banking et se profilait comme un acteur financier innovant.

2020
Novembre
Kate sera disponible pour tous les clients KBC en Belgique à partir de novembre 2020.

Le marché scrutait dès lors avec curiosité la réponse qu’apporteraient ces trois principaux concurrents à cette annonce. KBC a dégainé la première. Ce vendredi, le bancassureur a présenté Kate, une assistance numérique personnelle qui intégrera l’application mobile de KBC dès le mois de novembre.

Tel un Steve Jobs de la finance présentant son nouvel appareil, Johan Thijs, le CEO de KBC, a fièrement fait la démonstration des fonctionnalités de Kate devant les journalistes et les investisseurs qui suivaient son webinaire. 

Si l’assistant peut très facilement régler une opération basique comme un virement par une commande vocale, ses compétences ne s’arrêtent pas là. Kate propose également de se charger de votre assurance en cas d’hospitalisation ou de comparer les tarifs de différents fournisseurs d'énergie pour vous proposer la meilleure solution et d’effectuer les démarches de transfert à votre place.

Ces services seront disponibles sans frais supplémentaires pour tous les clients KBC en Belgique et en République tchèque dans un premier temps, avant d’être proposés en Bulgarie, en Hongrie, en Irlande et en Slovaquie. L’enseigne mise sur une quinzaine de fonctionnalités disponibles au lancement, mais table sur une cinquantaine pour la fin 2021. "C’est à ce moment-là qu’il faudra juger Kate", indique Johan Thijs.

Digital First

"Nous avons fait l'application mobile pour tout le monde, mais nous avons conçu Kate pour vous", lance Johan Thijs. Dans un monde où les données (personnelles) deviennent la nouvelle kryptonite, KBC entend exploiter au mieux ces informations pour offrir une nouvelle expérience à ses clients.

Pour appuyer son propos, Johan Thijs avait entamé sa présentation par une liste des plus grosses capitalisations boursières au monde. Le sommet de ce classement est monopolisé par les entreprises qui gèrent les données (Apple, Alphabet, Microsoft, Amazon, Facebook).

Selon lui, l’avenir est là. KBC a fait le choix de l’intelligence artificielle, qui sera proactive vis-à-vis de l’utilisateur et taillé sur mesure afin de lui faciliter la vie. Pour ce faire, il faudra que celui-ci accorde en premier lieu son consentement. Un tel outil constitue une première en Europe, selon Johan Thijs. La solution sera proposée aux particuliers dans un premier temps, avant d'être déployée pour les clients professionnels.

Cet assistant s’inscrit dans la nouvelle stratégie du bancassureur, baptisée "Differenty : the Next Level" par lequel il assume pleinement son virage "digital first". Ces dernières années, KBC a dépensé un milliard et demi d’euros dans ses infrastructures IT. La solution a été développée en interne, sans l’apport de consultants, mais des tiers ont contribué à certains fonctionnalités.

Robots contre néobanques

"Deux tiers de nos clients belges ne se rendent plus en agence."
Johan Thijs
CEO KBC

Par cette annonce, le bancassureur poursuit sa mue numérique et entend couper l'herbe sous le pied des néobanques, telles Revolut et N26. Celles-ci taillent progressivement des croupières aux acteurs traditionnels bancaires, même si les grandes banques belges sont relativement épargnées par rapport à leurs homologues européennes.

"Deux tiers de nos clients belges ne se rendent plus en agence", fait valoir Johan Thijs. Une tendance qui s’est évidemment renforcée pendant la période de confinement. Selon leurs statistiques, le groupe d’âge au sein duquel les applications numériques ont le plus progressé à cette occasion est celui des plus de 65 ans, qui ont dès lors montré qu’eux aussi pouvaient très bien s’adapter sans difficulté aux nouvelles technologies.

Les agences ne sont pas menacées pour autant, ajoute-t-il. Le patron de KBC a toujours estimé que leur nombre était condamné à se réduire, mais il maintient également que son entreprise offrira encore la possibilité aux clients de rencontrer un banquier ou un conseiller dans un bureau. Dans son exposé, il a voulu montrer que si l’émergence d’une révolution technologique détruit des emplois, elle permet également d’en créer de nouveaux. Il prend ainsi l’exemple des call centers de KBC Live, dont 85% des travailleurs proviennent des agences ayant fermé.

"Au final, c'est le client qui décidera", estime-t-il.

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