Cinq banques belges s'unissent pour gérer leurs distributeurs de billets

Fin octobre, Argenta a décidé de mettre tous ses appareils hors service suite à plusieurs attaques. ©Dries Luyten

Argenta, Axa Banque, Crelan, vdk et bpost créent une joint-venture qui aura pour but de gérer leur réseau de distributeurs. Suite à cette collaboration, ces banques n'auront plus de réseau propre d'ATM.

Si les paiements par cartes bancaires se multiplient, le besoin de cash reste encore bien criant. Tel est le constat des banques Argenta, AXA Banque, bpost, Crelan et vdk bank. Elles ont donc décidé de créer une joint-venture, "ATM as a service", afin de gérer au mieux leur réseau de distributeurs qu'ils soient situés dans les selfbanques ou à l'extérieur. Cette joint-venture vise ainsi quelque 20% du réseau des automates en Belgique. 

Concrètement, par cette collaboration, ces banques n'auront plus de réseau de distributeur propre, mais un réseau géré conjointement permettant d'offrir au client "un service de haute qualité de manière efficace malgré la baisse des besoins de trésorerie".

Le client bénéficiera d'un distributeur avec un logiciel plus moderne et plus sécurisé, mais les logos, les emplacements et la politique tarifaire resteront les mêmes et propres à chaque banque.
Barbara Van Speybroek
porte-parole de bpost

Des ATM loués à un tiers

Les banques concluront donc un contrat de location de ces distributeurs auprès d'un tiers. Celui-ci sera responsable de l'entretien et du placement des machines. Néanmoins, chaque banque conservera sa stratégie commerciale et son identité. Chaque banque poursuivra ainsi sa politique tarifaire en matière de retrait d'argent. C'est elle aussi qui continuera à définir l'emplacement des machines. 

"Comme de moins en moins d'argent liquide est utilisé et que la fréquence des visites en agence diminue, l'utilisation des distributeurs automatiques de billets diminue et le coût de la gestion de la trésorerie augmente. Néanmoins, le besoin d'argent liquide est encore réel aujourd'hui", expliquent les différents acteurs bancaires dans un communiqué.

©Mediafin

En plusieurs étapes

Le nouveau système de gestion décentralisée et partagée des ATM de 5 banques, dont AXA Banque, est prévu pour la mi-2020. ©Photo News

Pour le client, il devrait y avoir peu d'implications, voire pas du tout. "Le client bénéficiera d'un distributeur avec un logiciel plus moderne et plus sécurisé, mais les logos, les emplacements et la politique tarifaire resteront les mêmes et propres à chaque banque", explique Barbara Van Speybroek, porte-parole de bpost, gestionnaire des ATM de bpost banque.

Le service commun sera organisé dès la mi-2020. Dans un premier temps, les automates seront conservés, mais néanmoins équipés de nouveaux logiciels sans véritable ajout d'applications possibles.

Dans le chef d'Argenta, on insiste sur le fait que la création de cette joint-venture est totalement indépendante de la mesure temporaire de mettre ses distributeurs hors service. À la suite de nombreuses attaques de ses ATM, la banque avait en effet décidé, fin octobre, de mettre tous ses appareils hors service "pour une durée indéterminée".

Moins de 8.000 distributeurs

Après avoir fortement gonflé leur réseau entre 2000 et 2010, les banques ont entamé depuis 2015 une réduction du nombre de leurs distributeurs automatiques d’argent.

En trois ans, 885 automates ont disparu du paysage. Fin 2018, la Belgique accueillait un réseau global à 7.869 distributeurs, là où on en dénombrait plus de 8.700 en 2015, mais à peine 6.700 en 2000.

Les cinq banques qui s’unissent ce jour pour mieux gérer leur réseau représentent quelque 20% de ces quelque 8.000 ATM.

Notons tout de même que chez bpost banque, le réseau d’ATM est défini par le contrat de gestion. La gestion de ce réseau est d’allers dans les mains de la maison-mère, bpost.

L’enseigne compte à ce jour 520 distributeurs et doit veiller à continuer à offrir ce service, même dans des villes et villages délaissés par les autres enseignes.

 

 L’ère du digital

Dans le chef des selfs banques (les appareils placés à l’intérieur des agences), le recul est aussi observé. Proche des 5.000 unités en 2000, on n’en dénombrait plus que 4.733 fin 2017.

Même tendance pour les terminaux; ces appareils ne distribuant pas d’argent, mais permettant notamment la réalisation de virements.

Il faut dire que la poussée du digital influe sur les réseaux d’automates. De nombreuses opérations bancaires peuvent désormais être effectuées via le mobile banking.

Quant aux paiements par cartes, ils ne cessent de croître. Le nombre de retraits et le montant global retiré sont donc en déclin depuis quelques années, même s’ils restent importants.

 

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