Comment renforcer la déontologie du banquier? Febelfin cherche…

l’étude commandée par L’Echo et De Tijd à Kantar TNS indique que, dix ans après la crise, 52% des Belges n’ont toujours pas confiance en leur banque. Et ce n’est pas l’affaire ING qui va améliorer la donne. ©ANP XTRA

Les banques belges travaillent depuis des mois sur un plan d’action pour redresser la réputation du secteur. Cela devrait notamment passer par un code de conduite plus exigeant. Mais quoi, concrètement?

Cela fait des mois qu’on y travaille chez Febelfin. La fédération belge du secteur financier cherche la bonne formule pour redresser la réputation de la profession. Lors d’une présentation consacrée ce lundi aux mesures prises par KBC pour augmenter la durabilité de la maison, le CEO Johan Thijs – également président de Febelfin – a indiqué que le secteur voulait bouger de manière significative sur le sujet d’ici la fin de l’année.

Il faut dire, il y a du boulot. Les sondages n’en finissent pas de situer le banquier en fond de classement sur l’échelle de la confiance. Et l’étude commandée par L’Echo et De Tijd à Kantar TNS indique que, dix ans après la crise, 52% des Belges n’ont toujours pas confiance en leur banque.

Ce n’est pas l’affaire ING qui va améliorer la donne. Maintenant que le scandale a éclaté, les mesures que le secteur entend prendre dans les prochains mois risquent d’être perçues comme une réaction opportuniste au cas ING.

Le cas ING

Aux Pays-Bas, la maison mère d’ING Belgique a conclu un arrangement avec les autorités et versé 775 millions d’euros pour éteindre une enquête pénale portant sur du "blanchiment et des pratiques de corruption". Le communiqué du ministère public, publié il y a deux semaines, indique que la banque "n’a pas réussi à empêcher que des comptes bancaires appartenant à des clients ING aux Pays-Bas soient utilisés pour blanchir des centaines de millions d’euros entre 2010 et 2016".

ING n’a pas respecté, "de manière structurelle et pendant des années" la loi contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, insiste le parquet. Le tollé qu’a suscité cette annonce n’est pas prêt de retomber aux Pays-Bas, où de multiples voix réclament des comptes et d’autres sanctions qu’une seule amende. Mais forcément, l’affaire a des effets au-delà des frontières néerlandaises.

"Impensable"

"Ce qui s’est passé chez ING a un impact très négatif sur tout le secteur."
Johan Thijs
Président de Febelfin

Qu’en pense le président de Febelfin? "Je ne connais pas le dossier de l’intérieur, réagit Johan Thijs. Mais si ce que j’ai lu est vrai, c’est incompréhensible de la part d’une banque du niveau d’ING. C’est en tout cas impensable chez nous, à la KBC. C’est plus que regrettable car cela a évidemment un impact très négatif sur tout le secteur."

À chaque fois qu’une affaire éclate dans telle ou telle maison, c’est en effet la réputation de tout le secteur qui trinque. Febelfin voudrait en finir avec ce constat régulier. Mais comment? Rien n’est encore décidé, des discussions doivent encore aboutir. Il est notamment question d’un système de label pour les fonds d’investissement durables, qui ont le vent en poupe mais chaque banque a sa politique et ses critères en la matière. Il semble bien que le dossier ne soit pas encore mûr à ce stade, nous dit-on.

Serment bancaire

Il est surtout question d’aboutir sur un code de conduite renforcé pour le banquier. Febelfin s’est notamment penché sur le serment bancaire tel qu’il existe… aux Pays-Bas, que chaque collaborateur doit s’engager à respecter sous peine d’amende voire de suspension temporaire.

Les banques belges ne devraient toutefois pas aller vers un simple copier-coller du serment bancaire à la hollandaise, qui n’a d’ailleurs pas empêché les "manquements structurels" chez ING. Febelfin chercherait une méthode plus efficace mais n’a pas encore choisi laquelle.

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