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Crédits hypothécaires: les banques doivent se protéger

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Une mesure adoptée par la Banque nationale oblige certaines banques à gonfler leurs réserves en capital pour renforcer la protection de leur portefeuille hypothécaire.

Depuis l’éclatement de la crise immobilière, la question d’une surévaluation des prix de l’immobilier revient régulièrement à la surface, y compris en Belgique. "The Economist" évoque une surévaluation de 60 %. La Banque nationale (BNB) est plus mesurée: selon elle, l’immobilier belge est surévalué de 15 %.

Mais elle met en garde: la belle santé affichée jusqu’ici par le secteur au regard des autres pays européens pourrait être mise à mal. Le régulateur du secteur a dès lors décidé de passer à l’acte.

Un arrêté royal qui vient d’être publié en catimini l’indique clairement: la Banque nationale a décidé de renforcer les exigences de capital imposées à une série d’institutions financières pour amortir les chocs éventuels que subirait leur portefeuille hypothécaire.

Actuellement, le calcul du capital d’amortissement nécessaire peut se faire de deux manières.

• La méthode "standard", utilisée généralement par les banques plus modestes, prévoit une part de 35 % d’actifs à risques, soit 35 euros sur 100 euros de crédit. Le taux de couverture dans ce cas est de 8 %.

• La deuxième méthode se base sur les calculs propres à la banque, dûment avalisés par la BNB. Dans ce cas, le pourcentage de capital d’amortissement varie selon l’institution financière et est inférieur aux 35 % du premier groupe. On estime en effet que ces banques sont mieux en mesure de gérer leurs risques, et doivent donc mettre moins de capital de côté. Les quatre grandes banques (BNP Paribas Fortis, KBC, Belfius, ING) et une série d’autres institutions financières recourent à cette seconde méthode. Elle concerne donc la majeure partie des emprunts hypothécaires du pays.

On ne connaît pas avec précision le pourcentage d’actifs à risques pris en compte dans ce deuxième groupe, mais selon certaines estimations du secteur, il tournerait en moyenne autour de 9,6 %.

Et maintenant?

C’est ici qu’intervient la Banque nationale. Elle vient en effet d’obliger les institutions financières à gonfler leurs actifs hypothécaires à risques de 5 % supplémentaires.

Cette mesure ne vient pas de nulle part. A la mi-2012, la BNB avait déjà lancé une mise en garde, soulignant que l’immobilier belge était surévalué de 15 %. Pour éviter tout risque de surchauffe, elle a donc décidé d’agir. D’autant que selon Thomas Van Rompuy (Febelfin), les banques qui recourent à cette méthode de calcul se situent dans le bas du panier européen en termes de couverture de risque.

La quantité exacte de capital supplémentaire que les banques devront mettre en réserve n’est pas connue. Selon certaines estimations, le montant global devrait tourner autour d’un demi-milliard d’euros. Cela n’a rien d’insurmontable. Mais selon Febelfin, une telle mesure pourrait inciter les banques à se montrer plus prudentes dans l’octroi de crédits, ou à relever leurs tarifs. Et tant pis pour la bonne tenue du marché.

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