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Crelan proche de négociations exclusives pour le rachat d'AXA Banque

©BELGA/BELPRESS

La banque Crelan devrait savoir d’ici peu si l’assureur français Axa entre en négociations exclusives avec elle pour lui céder sa filiale bancaire belge.

Ce n’est pas encore plié, mais c’est bien parti. D’ici quelques jours, la banque Crelan devrait savoir si l’assureur français AXA décide d’entrer avec elle en négociations exclusives, dans le but de lui céder sa division bancaire belge, AXA Banque.

La décision pourrait être prise le 31 juillet, lors d’un conseil d’administration que tient le groupe français. Contactés, AXA comme Crelan s’abstiennent de tout commentaire.

Selon nos informations, le dossier avance bien. Crelan ne serait pas seule sur les rangs (il est également question de fonds de private equity) mais la banque coopérative a des arguments qui portent.

Du cash mais pas que

Au-delà d’une offre en cash, Crelan est en recherche d’un nouveau partenaire pour l’assurance non-vie. Or, c’est la spécialité d’AXA en Belgique, où il domine le marché avec 19,7% de part de marché, suivi par AG Insurance avec 16%, selon les derniers chiffres disponibles auprès des deux maisons.

Avec Crelan, AXA ferait d’une pierre deux coups: se défaire de sa banque tout en continuant d’y écouler ses produits d’assurance.

Jusqu’ici, la banque écoulait les produits de l’assureur Fidea mais, avec la vente récente de ce dernier à Baloise Insurance (par le chinois Anbang), elle s’est retrouvée déliée de son contrat de distribution.

Dans son offre de rachat d’AXA Banque, Crelan peut donc aussi proposer un accord de distribution pour les produits non-vie (en assurance-vie, la banque travaille avec Allianz). Les ventes d’assurances non-vie par Crelan représentent quelque 2% de part de marché, soit près de 100 millions d’euros de production annuelle.

Autant dire qu’un accord de distribution ne peut pas laisser AXA insensible, surtout s’il est conclu pour plusieurs années. C’est précisément un point encore en discussion, de quoi faire flotter le prix total du deal entre 500 et 800 millions d’euros, nous indique-t-on à bonnes sources.

AXA ferait ainsi d’une pierre deux coups. Un, l’assureur se défait de sa division bancaire belge dont il ne veut plus, bien qu’il ne commente pas le sujet. Deux, il conserve un accord de distribution de ses produits avec le nouveau propriétaire d’AXA Banque.

Et du côté de Crelan, quel est l’intérêt? En reprenant AXA Banque et son réseau (indépendant, comme le sien), elle doublerait de taille. Dans les prêts hypothécaires par exemple, les 7% de part de marché d’AXA et les 6% de Crelan permettent à l’ensemble de se rapprocher des quatre grandes banques, de devenir la cinquième enseigne belge en distanciant Argenta.

Alors que les exigences réglementaires et les besoins en IT ne cessent d’augmenter, tandis que les revenus d’intérêt se tassent pour cause de taux encore et toujours au plancher, le calcul de Crelan est de gagner en taille: vendre plus et répartir les coûts sur une base plus large.

Inquiétude syndicale

Ce jeudi, les syndicats ont mené une action jeudi matin au siège d’AXA Banque à Anvers. Il exige que la direction fasse davantage la clarté sur une possible vente de la banque. "Nous en avons marre d’être tenus à l’écart, dit un représentant du SETCa. Si nous n’entreprenons rien maintenant, il y aura bientôt un accord et nous n’aurons plus rien à dire."

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