Davantage de cheffes économistes

Véronique Goossens a remplacé Geert Gielens au poste d'économiste en chef de Belfius. Ce dernier reste dans la maison où il se chargera de la gestion des risques stratégiques. ©mfn

Les femmes deviennent de plus en plus visibles aux postes de chief economist. Mais l’égalité reste loin d’être atteinte.

Les femmes qui accèdent au rang de chef économiste sont de plus en plus nombreuses. En Belgique, alors que jusqu’à présent, aucune femme n’occupait le poste de chef économiste au sein des grandes banques, Belfius a désigné Véronique Goossens. Toutefois, elle reste la seule à détenir ce titre car dans les autres banques, les noms demeurent masculins.

Dans les banques anglo-saxonnes, de plus en plus de femmes commencent à occuper des postes clés. Chez Citi, Catherine Mann a remplacé Willem Buiter comme global chief economist en février 2018. Chez JPMorgan Asset Management, Karen Ward est chief market strategist pour l’Europe et le Royaume-Uni depuis septembre 2017. Chez BlackRock, Isabelle Mateos y Lagos est cheffe pour la stratégie multi-actifs et est secondée par Kate Moore, en charge de la stratégie actions. Chez Société Générale, Michala Marcussen a accédé en septembre 2017 au poste de cheffe économiste.

Laurence Boone. ©AFP

Laurence Boone, ancienne cheffe économiste d’AXA Group, est partie à l’OCDE pour occuper le poste de chief eco au printemps dernier et remplace Catherine Mann, qui était en place depuis 2014. "C’est un progrès que des femmes soient nommées aux postes de chefs économistes de grandes organisations internationales ou nationales", a-t-elle indiqué à l’AFP. Mais elle a aussi noté que "de nombreuses analyses récentes ont montré que la diversité restait faible dans les professions économiques". Laurence Boone rejoint l’Américaine Gita Gopinath et la Grecque Pinalopi Koujianou parmi les femmes qui ont été nommées à un poste stratégique jusqu’à présent monopolisé par des hommes à la tête des grandes organisations internationales. Gita Gopinath a été nommée cheffe économiste du Fonds monétaire international (FMI), et Pinalopi Koujianou cheffe économiste de la Banque mondiale. Beata Javorcik deviendra, elle, cheffe économiste de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) en septembre.

Changement lent

Christine Lagarde, la directrice du FMI, a constaté récemment dans une interview au journal The Guardian que "les choses évoluent. Avant, les femmes dans la finance n’étaient pas jugées comme critique de la macroéconomie. Ce n’est plus le cas". Une étude du FMI a indiqué que la présence de davantage de femmes dans les comités de direction des banques se traduit par une résilience plus élevée et une stabilité dans l’industrie. Mais elle souligne que les femmes représentent moins d’un cinquième des comités de direction et que seul 2% des CEO dans le monde sont féminins.

"Au rythme actuel, il faudra deux générations pour atteindre la parité."
Arancha Gonzales
Directrice du Centre du commerce international

Économiste à la Banque de France (BdF), Soledad Zignago avait publié il y a un an avec Anne Boring, chercheuse affiliée à Sciences Po, un article sur le blog de l’institution qui constatait que la part des femmes économistes n’était que de 19% en moyenne dans le monde, avec une nette sous-représentation dans le monde anglo-saxon.

Arancha Gonzales, directrice du Centre du commerce international, une agence conjointe à l’Organisation mondiale du Commerce, estime que "si le rythme actuel est maintenu pour atteindre la parité, il faudrait attendre deux générations pour y parvenir". Elle regrette que les pas soient "trop timides" pour l’instant.

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