Degroof Petercam a senti passer la taxe sur les comptes-titres

Philippe Masset, CEO de Banque Degroof Petercam. ©Dieter Telemans

La banque publie des chiffres 2017 en progression. Un bémol pour les actifs confiés en banque privée, qui se sont tassés l'an dernier. Selon le CEO Philippe Masset, il faut y voir la marque de la nouvelle taxe sur les comptes-titres, qui a eu un "impact non négligeable".

Banque Degroof Petercam a bouclé l’année 2017 sur un bénéfice brut opérationnel de 129 millions d’euros, en progression de 6% par rapport à l’année précédente. Le bénéfice net atteint 86 millions d’euros, en hausse de 48% sur un an.

"On commence à voir la boutique tourner comme on le veut."
Philippe Masset
CEO - Banque Degroof Petercam

"Nous avons une bonne année derrière nous ", estime le CEO Philippe Masset. " La marge d’intérêt est, comme pour tout le monde, sous pression et a reculé de 30%, à 74 millions d’euros. Par contre nous avons eu une croissance de 13% des revenus de commissions, à 405 millions d’euros. C’est révélateur d’un développement positif de tous nos métiers: banque privée, gestion d’actifs, banque d’investissement, asset services. "

Philippe Masset est donc satisfait. "On commence à voir la boutique tourner comme on le veut. Au plus on s’éloigne du moment de la fusion (ndlr, entre Banque Degroof et Petercam, intervenue en octobre 2015), au plus le bruit induit par celle-ci s’atténue et au plus on se rapproche de notre pleine capacité bénéficiaire. Degroof Petercam prend son envol. Car nous avons une forte ambition de croissance." 

Philippe Masset, CEO de Banque Degroof Petercam. ©Dieter Telemans

Philippe Masset est aussi satisfait de la progression des actifs sous gestion, qui pointent à 54,8 milliards d’euros (+5%). Sur ce terrain toutefois, on notera un tassement en banque privée, le premier métier de la banque avec 34,9 milliards d’euros d’actifs confiés en gestion (contre 35,1 un an plus tôt) et ce, après effets de marché alors que l’année boursière 2017 fut bonne. Qu’est-ce qui explique ce creux ? 

"Cela peut paraître décevant, mais cela ne m’inquiète pas du tout", affirme le CEO. "La collecte nette est positive et il y a une bonne dynamique commerciale en banque privée, dans les différents pays et en Belgique quoiqu’un peu moins à Bruxelles. Certaines équipes y ont encore été trop absorbées par les suites de l’intégration et par la charge de travail due à Mifid II."

Les effets de la taxe sur les comptes-titres

"Je ne donnerai pas de chiffre mais on parle de grosses participations familiales mises au nominatif."
Philippe Masset
CEO - Banque Degroof Petercam

Mais un autre élément a joué. "Il y a eu l’impact négatif de l’entrée en vigueur de la taxe des 15 points de base. Cela a eu pour effet que les clients ont organisé leurs dépôts différemment. " Explication: l’entrée en vigueur de la nouvelle taxe de 0,15% sur les comptes-titres (dont la valeur moyenne est d’au moins 500.000 euros) a amené des clients à mettre des  titres au nominatif (dans les registres tenus par les entreprises) pour qu’ils ne soient pas sujets à la taxe, ce qui s’est traduit par autant de sorties des comptes-titres Degroof Petercam. "Je ne donnerai pas de chiffre, mais, il s’agit de montants non négligeables, on parle de grosses participations familiales mises au nominatif."

En termes de contribution bénéficiaire, le Luxembourg assure 62 millions d’euros du résultat avant impôts, la Belgique 48 millions et la Suisse 731.000 euros, peut-on lire dans le rapport annuel. L’Espagne est en perte de 1,3 million et la France d’un petit million, mais elle revient de loin. Philippe Masset souligne d’ailleurs le "gros travail de restructuration réalisé en France ces dernières années, qui porte ses fruits."

François Wohrer, responsable de la banque d'investissement chez Degroof Petercam. ©rv

Ex-patron de Degroof Petercam France, François Wohrer est d’ailleurs l’homme qui monte dans la maison. Il est depuis janvier à la tête de la banque d’investissement à Bruxelles, division qui regroupe la salle de marchés et le corporate finance (il vient aussi d’être nommé administrateur exécutif). Une réorganisation s’en est suivie, qui a entraîné une dizaine de départs. La banque s’est notamment séparée de Thierry Seynave et Damine Crispiels, deux figures bien connues de la salle des marchés de Degroof, et de Lionel Giot, le mari de la CEO de Proximus Dominique Leroy.

"On a intégré trois pôles (corporate finance France et Belgique ainsi que la salle des marchés) pour être plus efficace, avec certaines conséquences humaines en effet", assume Philippe Masset, indiquant par ailleurs qu’il n’y a désormais plus de zones à remanier au sein du groupe.

Banque Degroof Petercam est contrôlé à 51% par un bloc d’actionnaires de l’ex-Degroof (les familles Philippson, Haegelsteen, Schockert et Siaens ; Cobepa et Cigrang) et à 21% par les familles Peterbroeck et Van Campenhout, à l’origine de Petercam. Les actionnaires de Degroof Petercam se partageront 63 millions d’euros de dividendes au titre de 2017, soit 16 de plus qu’en 2016. La maison emploie 1.371 personnes, dont 857 en Belgique et 326 au Luxembourg.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect