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analyse

Des valorisations de fin du monde pour les banques en Bourse

©REUTERS

UBS, Société générale, BNP Paribas... Les banques européennes ont connu une fin d'année 2018 particulièrement difficile. Et l'horizon à court terme ne semble pas s'éclaircir. Reste leur valorisation et leur rendement dividendaire pour attirer les investisseurs.

La crise de confiance que connaissent actuellement les valeurs européennes - et en particulier le secteur bancaire  - auprès des investisseurs internationaux va-t-elle un jour se terminer? La question mérite d'être posée alors que les banques de notre région dévoilent petit à petit les difficultés qu'elles ont traversées au cours de l'exercice 2018 et qui risquent de perdurer dans les prochains mois.

"L'environnement a changé", a affirmé ce mercredi Philippe Bordenave, directeur général délégué de BNP Paribas  , en marge de la présentation des résultats annuels de la deuxième banque de la zone euro en termes de capitalisation boursière. L'institution évoque dans son rapport une "croissance économique toujours favorable mais qui devrait décélérer", un "environnement de taux bas en Europe qui ne devrait s’améliorer que progressivement" et" une "évolution incertaine des parités de change".

"Comme en 2018, les banques européennes sont confrontées à un cocktail douloureux composé d'une pression sur les marges, d'un recul des recettes, d'un nettoyage des créances douteuses et d'une inflation des coûts en 2019"
Bloomberg Intelligence

Quelques jours plus tôt, le patron d'UBS, Sergio Pietro Ermotti, avait établi le même constat peu engageant. Selon lui, les banques européennes avaient affronté "des conditions de marché historiquement difficiles" au quatrième trimestre. Et d'ajouter: "le déficit de progrès dans la résolution des tensions géopolitiques, la hausse du protectionnisme et les conflits commerciaux, conjugués à une volatilité accrue, devraient affecter l'activité des clients au premier trimestre 2019".

Rappelons qu'en Bourse, le compartiment bancaire a signé l'année dernière la deuxième plus forte baisse sectorielle en Europe (-28,04%), derrière les valeurs automobiles (-28,14%). Et même si sa performance est positive depuis le début de l'année (+6%), il reste à la traîne par rapport aux autres secteurs. 

 "Comme en 2018, les banques européennes sont confrontées à un cocktail douloureux composé d'une pression sur les marges, d'un recul des recettes, d'un nettoyage des créances douteuses et d'une inflation des coûts en 2019", résument les analystes de Bloomberg Intelligence. Ils estiment que le nombre limité de catalyseurs restent un problème pour le secteur.

Des valorisations attractives? Oui mais...

Pour autant, les analystes de Bloomberg Intelligence pensent que la chute des valeurs bancaires en 2018 ne devrait pas se répéter cette année. "Les spéculations sur des histoires de fusions et acquistions devraient rester un thème d'investissement, même si pour la plupart d'entre elles, c'est trop tôt". Ils soulignent également le ralentissement de la baisse des revenus et leur valorisation actuelle.

Frank Vranken, chief strategist chez Puilaetco Dewaay, pointe lui aussi la faible valorisation de banques européennes: le ratio price-to-book (rapport cours/valeur comptable) de Deutsche Bank  est de 0,25, celui de Société Générale  atteint 0,34, BNP Paribas 0,54 et Santander 0,67. "Même ING   cote à 0,80. À quoi vous pensez, à valoriser la fin du monde?", s'interroge-t-il dans une note publiée mardi matin.

Le stratégiste juge cependant que nous pourrions bientôt atteindre un plancher, "à moins que la courbe des taux ne s'aplatisse encore davantage". "Le risque est toujours le même. La valorisation ne fait pas tout", prévient-il, craignant une "value trap" pour certains investisseurs. Et de conclure avec une pointe d'optimisme: "Sans trop de mauvaises nouvelles et, espérons-le, un rebond de la tendance à l’aplatissement de la courbe des rendements obligataires, ce secteur pourrait être une surprise pour les prochains mois"...

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