Deutsche Bank et Commerzbank parlent enfin fusion

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Le mariage tant attendu entre les deux premières banques allemandes est actuellement à l'étude. Les discussions, encore à un stade très précoce, pourraient toutefois tourner court.

Le conseil d'administration de la Deutsche Bank  a pris le pouls de son concurrent Commerzbank  en vue d'une éventuelle fusion. Une source bien informée a indiqué ce samedi que les discussions étaient en cours, ce qui confirme les informations rapportées un peu plus tôt par le journal allemand Welt am Sonntag. Citant des sources financières, le quotidien conservateur, dans son édition à paraître dimanche, précise que "des premiers contacts non officiels ont déjà eu lieu en très petits comités". Mais les discussions ne sont pas suffisamment "avancées pour devoir faire l'objet d'une annonce publique", assure-t-il.

Le feu vert du management de Deutsche Bank pour entamer les tractations remonte à plus d'une semaine. Toujours selon la même source, les négociations pourraient vite buter contre le refus de Commerzbank. Interrogés sur ces informations, des représentants des deux premières banques allemandes se sont refusés à tout commentaire.

Le gouvernement allemand à fond derrière la fusion 

Depuis des mois, les rumeurs vont bon train sur un mariage entre les deux grandes banques privées francfortoises, encouragé en coulisse par le gouvernement de coalition d'Angela Merkel. Il y a quelques semaines, à l'occasion de la présentation de leurs résultats annuels respectifs, Deutsche Bank et Commerzbank ont confirmé leurs difficultés à renouer avec une croissance durable depuis la crise financière de 2008.

15%
la part de l'Etat allemand dans Commerzbank
L'Etat détient encore quelque 15% du capital de la Commerzbank qui, même si elle dégage désormais des bénéfices, ne s'est jamais totalement remise de la crise bancaire de 2008 puis de l'absorption de sa rivale Dresdner Bank, et enchaîne depuis les restructurations.

Sur le papier, un mariage entre les deux banques donnerait naissance à un mastodonte pesant près de 2.000 milliards d'euros d'actifs, comparable à BNP Paribas. Pourtant une telle union, envisagée depuis des années sans jamais se matérialiser, suscite un enthousiasme pour le moins limité dans les milieux financiers, étant donné la faiblesse actuelle des deux établissements en matière de rentabilité et de fonds propres. "Deux porteurs de béquilles réunis ne font pas un sprinter", avait récemment ironisé Markus Kienle, avocat représentant l'association d'actionnaires minoritaires SdK.  

Pourtant le gouvernement allemand croit dur comme fer à une telle alliance. Et l'exécutif berlinois veut aller vite. Il exige une décision dans les semaines à venir, précisent en outre les sources citées par Welt am Sonntag. Le gouvernement Merkel craint l'émergence, après les élections européennes de la fin mai, de nouvelles majorités susceptibles de bloquer un tel projet. Et il redoute aussi que Commerzbank, dont la rentabilité a fondu en Bourse, ne devienne la proie d'un groupe étranger.

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