Deutsche Bank "horriblement" sous-capitalisée

Juergen Fitschen, co-CEO de Deutsche Bank. ©REUTERS

Le vice-président de la FDIC, aux Etats-Unis, s'inquiète sérieusement du niveau de capitalisation de la banque allemande.

L'une des principales autorités de régularisation financière américaines a jugé vendredi que Deutsche Bank était "horriblement sous-capitalisée", un reproche réfuté immédiatement par la première banque allemande.

"C'est horrible, je veux dire qu'ils sont horriblement sous-capitalisés", a dit Thomas Hoenig, vice-président de la Federal Deposit Insurance Corp (FDIC), l'agence fédérale de garantie des dépôts bancaires aux Etats-Unis, dans un entretien à Reuters. "Ils n'ont aucune marge d'erreur."

Thomas Hoenig, numéro deux de la FDIC, a expliqué que les règles de solvabilité bancaire de "Bâle III" permettaient aux banques d'apparaître comme bien capitalisées même lorsqu'elles ne le sont pas. Ces règles, a-t-il dit, autorisent les banques à utiliser des modes de calcul complexes du niveau de risque de leur portefeuille de prêt pour déterminer les fonds propres qu'elles doivent détenir.

L'utilisation d'une méthode d'évaluation plus sévère - consistant à rapporter les fonds propres d'une banque à la totalité de ses actifs sans pondération en fonction des risques - aboutit à des conclusions très différentes pour des institutions comme Deutsche Bank, a-t-il poursuivi.

La banque allemande, qui a pratiquement atteint son objectif de lever cinq milliards d'euros de capital et de dette nouvelle cette année pour porter son ratio de capitalisation autour de 9,5%, revendique au contraire une place parmi les banques les mieux capitalisées au monde.

"Incorrect" selon Deutsche Bank

"Dire que nous sommes sous-capitalisés est inexact parce que si vous regarder le cadre de Bâle, nous sommes désormais l'un des banques les mieux capitalisées au monde après notre augmentation de capital", a déclaré à Reuters son directeur financier, Stefan Krause, en réaction aux déclarations de Thomas Hoenig.

"Suggérer que l'effet de levier fait de nous un risque pour le système est incorrect", a-t-il ajouté.

La différence d'appréciation du niveau de risque peut s'expliquer par la méthode de valorisation des produits dérivés figurant au bilan.

Un caractère bien trempé

La FDIC a fait savoir que Thomas Hoenig s'exprimait à titre personnel et que l'agence ne faisait aucun commentaire sur le cas particulier d'une banque.

Thomas Hoenig était connu pour ses positions tranchées lorsqu'il présidait la Réserve fédérale de Kansas City et qu'il critiquait le caractère trop accommodant à ses yeux de la politique monétaire de la Fed.

Il figure aussi parmi les critiques des règles de Bâle III, auxquelles il reproche de ne pas faire assez pour réduire la taille des banques les plus risquées et de se laisser facilement contourner.

Parmi les autres banques que Thomas Hoenig juge trop peu capitalisées figurent UBS, Morgan Stanley, le Crédit agricole et la Société générale.

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