Deutsche Bank revient aux bénéfices grâce au trading

Après plusieurs trimestres déficitaires, Deutsche Bank revient aux profits au premier trimestre ©REUTERS

Lucrative, l'activité de négoce a bénéficié aux banques au premier trimestre, y compris à Deutsche Bank. Rien ne dit cependant qu'elle sera aussi profitable au cours des trimestres suivants...

Alors que les principales banques au monde font part d’une baisse de leurs bénéfices, Deutsche Bank réussit la prouesse d’améliorer les siens. Et cela, en dépit de la crise sanitaire qui l’a conduite à provisionner un montant de 500 millions d’euros, trois fois supérieur à celui de la période correspondante de 2019.

Il est vrai que la banque allemande revient de loin. En proie à une profonde restructuration, elle a accumulé des pertes au cours des précédents trimestres. De plus, en ayant réalisé un profit net de 66 millions d’euros au 1er trimestre sur des revenus ayant totalisé 6,4 milliards d’euros, Deutsche Bank reste tout de même à la traîne dans son secteur. Les bénéfices globaux de JP Morgan par exemple se sont élevés à 2,9 milliards de dollars (2,67 milliards d'euros) et ceux de Credit Suisse à 1,31 milliard de francs suisses (1,24 milliard d'euros).

Trading salvateur

Deutsche Bank, qui a livré des chiffres préliminaires dimanche, communiquera avec plus de précisions mercredi. On peut déjà affirmer sans courir le risque de se tromper que le résultat positif fait suite à son activité "trading". Toutes les banques qui ont livré leurs résultats à ce jour ont précisé que leurs recettes générées par le courtage sur les matières premières, les obligations et les devises ont été fort lucratives.

Toutes les banques qui ont livré leurs résultats à ce jour ont précisé que leurs recettes générées par le courtage sur les matières premières, les obligations et les devises ont été fort lucratives.

A Wall Street, les 5 banques les plus actives dans ce type d’activité ont fait part de revenus en hausse d’au moins 20% en moyenne. Chez Credit Suisse, elle a été de quelque 25%.

BNP Paribas et Société Générale à Paris, qui publieront leurs résultats les 5 et 6 mai, sont censées communiquer des chiffres de même calibre. Bien que, selon certaines infos, elles auraient subi des pertes d’environ 200 millions d’euros sur le marché des produits dérivés.

Volatilité en baisse

Cette activité de négoce sera-t-elle aussi lucrative au cours des prochains trimestres? Rien n’est moins sûr, alors que les marchés font preuve à présent de beaucoup moins de volatilité. Celle-ci avait favorisé leurs revenus.

Les banques "ont bénéficié d’incertitudes élevées et d’une volatilité corrélée sur les marchés des capitaux qui stimulent les activités de ‘trading’", explique Axel Pierron, cofondateur du cabinet de conseils Opimas. "Il est peu probable que cette situation dure, car les marchés des capitaux fonctionneront probablement sous la pression d’une récession économique mondiale qui nuira aux activités commerciales pendant un certain temps."

Dans ce cas, les résultats de Deutsche Bank risquent bien de retomber dans le rouge. Le trading pourrait ne plus arriver à compenser les provisions pour créances douteuses appelées à s’amplifier du fait de la crise sanitaire.

A la Bourse de Francfort, l'action Deutsche Bank a clôturé la séance sur un gain de 12,68% à 6,142 euros. 

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