Deutsche Bank veut isoler 50 milliards d'actifs dans une bad bank

©REUTERS

Après l'échec des discussions en vue d'un rapprochement avec Commerzbank, Christian Sewing, le CEO de Deutsche Bank, doit redresser la barre de l'institution par un plan de transformation. Celui-ci pourrait partir d'un recentrage des activités.

Deutsche Bank va-t-elle isoler ses quelque 50 milliards d'euros d'actifs risqués dans une bad bank? Le projet semble, selon plusieurs sources citées par The Financial Times, à l'étude histoire d'isoler le risque et d'éviter qu'il ne pollue l'activité saine.

14%
bilan
Les quelque 50 milliards d'euros d'actifs qui seraient isolés dans la bad bank, représentent 14% du bilan.

→ Le groupe bancaire veut donc une refonte de ses opérations commerciales. La création d'une telle entité entrerait dans le plan de transformation de la banque. Deutsche Bank veut ainsi pouvoir se focaliser sur ses activités clé. La création de la bad bank pourrait être présentée lors de la publication des résultats semestriels en juillet prochain.

Le groupe bancaire allemand souffre depuis quelque temps d'une déprime de son cours de bourse. Depuis 2015, l'action a été divisée par 5. L'institution fait également face à de multiples amendes salées.

Deutsche Bank de demain

Dans cette entité, seraient principalement stockés des produits dérivés "long terme". La taille de la bad bank n'est pas encore définie. Le comité exécutif aurait évoqué le montant d'au moins 30 milliards d'euros mais pouvant atteindre 50 milliards, ce qui représente 14% du bilan de la banque.

Après l'échec des discussions en vue d'un rapprochement avec Commerzbank, Christian Sewing, le CEO de Deutsche Bank, doit trouver d'autres moyens de redresser la barre.

Une réduction, voire la suppression des activités de trading d'actions hors Europe continentale, seraient également en gestation. L'activité "actions" aux Etats-Unis pourrait purement et simplement être arrêtées.

"Les coupes doivent être radicales", indique-t-on au sein de la banque. "Nous avons actuellement les liquidités et le capital  pour faire ce qui doit être fait." Et de conclure: "Monsieur Sewing doit être catégorique. Le temps des changements progressifs est révolu."

La mission de Christian Sewing, le CEO de Deutsche Bank, est en effet périlleuse. Après l'échec des discussions en vue d'un rapprochement avec Commerzbank, il doit trouver d'autres moyens de redresser la barre. En créant une telle bad bank, il pourrait se détourner de la banque d'investissements, loin d'être la poule aux oeufs d'or qu'elle était d'antan, pour se recentrer sur une activité de transactions bancaires et de gestion privée de fortunes.

Interrogé sur ces projets, le groupe bancaire indique dans un communiqué "travailler à des mesures pour accélérer la transformation et oeuvrer à améliorer de façon durable la profitabilité."

Dans les premiers échanges, le titre Deutsche Bank prenait plus de 3%.

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