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"Dexia ne laissera pas le champ libre à ses concurrents"

Après les inquiétudes manifestées par certains pouvoirs publics suite aux communications de Dexia sur ses ambitions dans la banque de détail, les dirigeants de Dexia Banque Belgique, et en particulier son CEO Stefaan Decraene, mettent les points sur le s"i": pas question d'abandonner le secteur public.

Dexia a dévoilé le mois dernier son plan stratégique pour 2014, où elle se positionne clairement comme une "banque de détail avec 10 millions de clients".

Cela a suscité l’inquiétude d’un certain nombre de communes et de pouvoirs publics en Belgique, qui craignent que Dexia n’abandonne son métier traditionnel, le financement des collectivités locales.

Pas du tout, rétorque Stefaan Decraene, patron de Dexia Banque Belgique. "Pas un iota ne change en ce qui concerne le financement du secteur public en Belgique", déclare-t-il. "Nous avons dans ce domaine une part de marché de 70%. Et nous ne voulons pas la laisser tomber."

Dexia a pourtant annoncé que le financement des collectivités locales n’était plus son premier métier et qu’elle allait diminuer cette activité?

Stefaan Decraene, CEO: Nous venons de présenter la stratégie mise en place avec Pierre Mariani. Effectivement, dans des pays comme l’Inde ou le Mexique, nous ne finançons plus les collectivités locales. Mais en France ou en Belgique, c’est un métier cœur pour Dexia, et il le reste. Le financement des collectivités locales est un marché que nous connaissons bien, où nous innovons constamment. D’autres acteurs sont à l’affût pour grignoter nos parts de marché. Nous n’avons pas l’intention de leur laisser le champ libre.

Dirk Gyselinck, responsable de la clientèle publique et corporate: Dexia est le leader du marché en Belgique en matière de financement du secteur public et du secteur social, et veut l’être encore en 2014.

Durant les neuf premiers mois de cette année, le financement au secteur public a pourtant baissé de 14% par rapport à la même période en 2009?

D.G.: Cette baisse est uniquement due à la diminution de la demande de financement. Nous avons l’impression que les collectivités locales ont mis un frein à leurs investissements.

Vous ne pouvez tout de même pas nier que les conditions de crédit sont devenues moins favorables?

D.G.: Durant l’automne 2008, les tarifs ont en effet augmenté. Mais nos tarifs restent concurrentiels. En outre, nous avons toujours été présents sur le marché, alors que certains de nos concurrents se sont retirés temporairement.

Dexia a aussi soudainement redécouvert les grandes entreprises comme clients potentiels…

D.G.: Dexia n’a pas l’ambition d’être "le" banquier des grandes entreprises en Belgique. Notre part de marché auprès des moyennes et grandes entreprises est d’environ 10%. Cette part de marché peut-elle augmenter? Bien sûr. Doit-elle augmenter? Pas à tout prix.

Cette activité doit d’abord être rentable. Nous ne voulons pas seulement renforcer les crédits aux entreprises, nous voulons leur offrir un partenariat complet. Nous avons une position solide dans le financement de projets, les produits de salle de marché, le factoring et le leasing. Cela prouve que nous avons suffisamment de savoir faire pour jouer un rôle comme banquier des moyennes et grandes entreprises.

S.D.: Nous ne possédons pas de large réseau international, ce qui est un handicap lorsqu’on travaille avec de grandes entreprises. Nous ne pouvons pas combler ce handicap à court terme, puisque pour l’instant, l’Europe nous interdit de procéder à des acquisitions. Nous devons donc, comme banquier des entreprises, chercher des niches où avoir son propre réseau international a moins d’importance.

Le plan stratégique de Dexia met surtout l’accent sur la banque de détail, y compris en Belgique. Vous avez annoncé que la part de marché de Dexia en matière d’épargne doit grimper d’ici 2014 de 9% à 18%. Est-ce vraiment réaliste?

Marc Lauwers, responsable de la banque de détail et commerciale: J’ai eu pas mal de collègues inquiets en ligne, qui me demandait si Dexia avait l’intention de mener une révolution sur le marché de l’épargne en Belgique (rires). C’est un malentendu: nous ne voulons pas doubler nos parts sur le marché de l’épargne en Belgique, mais bien notre part dans la croissance de ce marché. Chaque année, le marché de l’épargne en Belgique croît de 3 à 4%. En 2009, nous avons capté 9% de cette croissance. Nous voulons y retrouver notre part historique, qui est de 15%, et même un peu plus. Nous voyons aussi un grand potentiel dans le private banking et le business banking.

Mais comment Dexia va-t-elleatteindre ces objectifs, alors que toutes les banques se battent pour les dépôts?

M.L.: Ces dernières années, nous avons réalisé d’importants investissements dans notre réseau d’agences: cela permet à nos collaborateurs de consacrer plus de temps aux activités commerciales. Le nombre de chargés de clientèle a augmenté de plus de 30&flexSpace;%, et nous disposons de davantage de spécialistes disponibles dans le réseau. Nous voulons aussi augmenter nos résultats en matière de ventes croisées, qui ne sont pas bons pour l’instant. Un client chez nous a en moyenne deux produits, alors que dans d’autres institutions financières, il en a souvent trois.

Dans les années à venir, Dexia compte également beaucoup sur la Turquie pour sa croissance. La part de la Turquie dans les revenus du groupe doit grimper de 10% à 2% en 2014. Est-ce faisable?

S.D.: La Turquie est un grand pays avec une population jeune, une classe moyenne qui grandit et une très forte croissance économique. En outre, c’est un pays où les services bancaires sont encore en plein développement. Nous avons là une excellente banque, Denizbank, qui fait chaque année mieux qu’attendu, et qui possède une plateforme informatique moderne dont je suis jaloux. Une nouvelle agence y est rentable après un an et demi, alors qu’en Belgique, cela prend le double de temps. Nous avons beaucoup investi là-bas dans le développement du réseau d’agences, et je suis convaincu que cela va porter ses fruits. Je crois fortement en cette histoire turque.

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