Dexia plébiscité pour ses fondamentaux

La gestion du portefeuille en "run off" poursuit son influence négative sur le groupe qui affiche un résultat net (part du groupe) en recul de 68%. Mais l'activité commerciale continue de performer. Le marché apprécie.

Le titre de Dexia a bondi en séance de plus de 5 % (lire les explications ci-dessous). Le groupe franco-belge affiche pour les trois premiers mois un résultat net part du groupe en chute annuelle de 68,1% à 69 millions. Le groupe a cependant prouvé une nouvelle fois la bonne solidité de ses différents métiers. Le résultat net ressort pour sa part à 88 millions (-62,6%) là où le consensus des analystes de Reuters tablaient sur un montant de 92 millions (-57%).

"Les deux tendances divergentes déjà observées fin 2010 se confirment en 2011", lit-on dans le communiqué. En effet, d'un côté les métiers commerciaux continuent de performer. Le résultat avant impôts de la "Core Division" passe de 202 millions au premier trimestre 2010 à 421 millions en 2011.

À l’inverse, le rythme accéléré de la transformation, en avance sur les objectifs, précise le groupe, pèse sur le résultat de la "Legacy Division" dont la perte avant impôts continue de se creuser à -247 millions d'euros. La Legacy Division regroupe les contributions des portefeuilles obligataires en run-off (y compris le portefeuille Financial Products) et des engagements en run-off du métier Public and Wholesale Banking. Une partie du résultat des activités de Trésorerie est également allouée à la Legacy Division.

Forcé par la Commission européenne, Dexia poursuit la réduction de la taille de son bilan. Pour le premier trimestre, le groupe fait ainsi état, sur trois mois, d'une diminution du bilan de 40 milliards d'euros à 527 milliards fin mars 2011 contre 588 milliards un an auparavant.

" Les résultats du trimestre traduisent une excellente dynamique de nos franchises commerciales. Le résultat net du premier trimestre 2011 porte la marque de l'accélération de la transformation du groupe mais témoigne également d'une activité commerciale. Cette performance est portée en particulier par des résultats solides de la banque de détail et commerciale, de l'assurance et des services aux investisseurs, ainsi que par une bonne résistance de l'activité de prêts aux collectivités locales et de la gestion d'actifs. Notre ratio des fonds propres de base (Tier 1) s'améliore, pour s'établir à 13,4 % fin mars 2011, confirmant le niveau élevé de solvabilité de notre groupe ", se félicite Pierre Mariani, CEO.

Au 1er trimestre 2011, les revenus du groupe s’établissent à 1,13 milliards contre 1,47 milliards un an auparavant. En 2010, Dexia bénéficiait d'une plus-value de 153 millions d'euros réalisée sur la vente des actions Assured Guaranty.

Les coûts sont en recul de 3% à 847 millions. Un recul partagé par les activités belges et luxembourgeoises alors qu'en Turquie une croissance est enregistrée du fait du développement de l’activité.

Par activité

Le segment "Banque de détail et commerciale" est marqué par la croissance rapide de la Turque DenizBank qui a consolidé sa part de marché des dépôts à 2,7 % et sa part de marché des crédits de 4,2 %. La Belgique et le Luxembourg enregistrent eux aussi une croissance "robuste" de leurs encours de crédits et dépôts.

Les dépôts belges ont progressé de 3 % à 64 milliards d'euros contre +7% pour les crédits à 34 milliards. La progression des comptes à vue et des comptes d’épargne a été soutenue.

Le segment "Public and Wholesale Banking" a connu une stabilité des encours sur les marchés historiques et un retrait de 9 % sur les autres zones géographiques. Au total, les engagements à long terme se montent à 221 milliards d'euros. Le résultat avant impôts s’inscrit en hausse de 17 %, à 91 millions pour un revenu stable à 234 millions.

Le segment "Asset Management and Services", qui regroupe les activités d’Asset Management, des services aux investisseurs et d’assurance, enregistre unen hausse de 22% à 85 millions d'euros. L'asset management affiche un résultat avant impôts de 17 millions alors que celui de l'assurance ressort à 45 millions contre 23 millions pour les services aux investisseurs.

Financement

Dans son communiqué, Dexia précise qu'à la fin mars, l’objectif de réduction du besoin de financement à court terme à l’horizon 2014 a été réalisé aux trois quarts."Le gap de liquidité a été réduit de 15 milliards depuis décembre 2010 à 104 milliards fin mars, soit l’objectif fixé pour l’année 2011. Des efforts importants ont porté sur la réduction du besoin de financement dans les devises hors euro ainsi que sur la baisse continue de l’encours des financements auprès des banques centrales. Ce dernier s’établit à 17 milliards fin mars (en baisse de 8 milliards par rapport à décembre 2010)", lit-on encore.

Le groupe dispose par ailleurs toujours d’un montant confortable de titres éligibles auprès des banques centrales. Fin mar, le montant des titres éligibles auprès des banques centrales s’élèvait à 96 milliards d'euros, dont 45 milliards disponibles.

Notons encore dans le registre des cessions que la vente de l'assurance turque, DenizEmeklilik, engagé au 4e trimestre 2010, devrait aboutir au cours du deuxième semestre 2011.

De plus, après analyse des offres reçues de" plusieurs parties intéressées", Dexia a engagé une négociation avec celle présentant" le plus grand intérêt industriel et financier" pour Dexia Israël.


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