Dierckx à nouveau en course pour la présidence de Belfius

Filip Dierckx est l'un des banquiers belges les plus expérimentés. ©Photo News

Filip Dierckx est à nouveau l'un des principaux candidats pour succéder à Jos Clijsters à la présidence de Belfius. Une nouvelle assez surprenante, compte tenu de l'échec d'une précédente tentative.

L'an dernier déjà, Belfius cherchait un nouveau président. Filip Dierckx était alors le grand favori, mais sa nomination est finalement tombée à l'eau. Les procédures pénales entourant Fortis, où il a passé toute sa carrière, et les accusations de conflit d'intérêts entourant son rôle de président du prestataire de services RH SD Worx se sont révélées être des obstacles insurmontables. On craignait ainsi qu'il ne passe pas le contrôle sévère de la Banque nationale et de la Banque centrale européenne. Car sans le feu vert de ces superviseurs, personne ne peut devenir directeur ou gestionnaire d'une banque. C'est eux qui décident si une personne est "apte et appropriée" ("fit and proper") pour le poste.

"Afin de garantir la stabilité et la continuité de Belfius", le président du conseil d'administration de Belfius, Jos Clijsters, a proposé de rester en fonction pour un maximum de deux ans supplémentaires, une proposition que le ministre des Finances Alexander De Croo (Open Vld) a bien volontiers acceptée pour sortir de l'impasse. Le mandat de Clijsters a été prolongé de deux ans lors de l'assemblée générale de Belfius en avril 2020.

Un banquier expérimenté

Mais on vous rapportait cet été que la banque d'État était à la recherche du successeur de Clijsters par l'intermédiaire du chasseur de têtes Egon Zehnder. Depuis lors, Belfius a réduit en interne la liste des candidats potentiels à une poignée de noms. Selon plusieurs sources, celui de Dierckx figure sur cette liste. "C'est un banquier expérimenté qui possède une excellente connaissance du secteur. De plus, l'affaire Fortis est terminée", déclare une source.

La course à la présidence n'est pourtant pas finie. Belfius n'a pas encore pris de décision finale. La banque d'État sait qu'elle doit tenir compte de ce qui se déroule à la rue de Loi. Qui sera ministre des Finances dans le prochain gouvernement fédéral, et donc le ministre en charge de Belfius? Qui sera le candidat préféré? Autant de questions qui restent ouvertes, tout comme celle de savoir si Dierckx peut passer au travers d'un contrôle des superviseurs cette fois-ci...

Le lien Fortis

Il faut encore souligner que Clijsters et Dierckx ne sont pas des étrangers l'un pour l'autre. Ils ont tous deux de nombreuses années de carrière derrière eux chez Fortis.

De fait, Filip Dierckx est l'un des banquiers les plus expérimentés de Belgique. Il a rejoint la Générale de Banque en 1983 en tant qu'avocat; a dirigé la filiale Belgolaise Banque; est devenu membre du comité exécutif de la Générale de Banque après l'acquisition par Fortis et la fusion avec ASLK; il a encore été responsable de la division des services bancaires aux entreprises, puis est devenu président du comité exécutif de Fortis Banque. Et en 2008, lorsque Fortis s'est effondré dans la crise bancaire, il a été propulsé CEO ad interim du groupe.

Dierckx a déjà vu une ouverture chez Belfius au début de cette année. "Jos Clijsters, le CEO Marc Raisière et l'équipe de direction de Belfius racontent une belle histoire. C'est pourquoi j'ai dit oui à la question de devenir président de Belfius. Cela m'a séduit", déclarait-il en février. Et il était alors catégorique quant à l'éventuel conflit d'intérêts chez SD Worx: "Je suis convaincu que je n'ai rien fait de mal. Certains à BNP Paribas Fortis ne voulaient pas que j'aille chez Belfius."

A l'heure d'écrire ces lignes, ni Clijsters ni Dierckx n'étaient joignables pour répondre à nos questions.

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