analyse

En plein cauchemar boursier, KBC reste "l'une des banques les mieux capitalisées"

Depuis le début de la crise, KBC, dirigée par Johan Thijs, a vu sa valeur boursière pratiquement divisée par deux.

Répondant à la demande de la BCE, KBC a décidé de suspendre la distribution de son dividende et d'annuler son programme de rachat d'actions propres. Depuis le début de la crise, le titre a chuté de 45%. L'avis des analystes financiers.

Même si, comme le souligne son CEO Johan Thijs, les solides positions en matière de capitaux et de liquidités permettent à KBC de faire face à des scénarios extrêmes, le groupe de bancassurance a obtempéré à la requête de la Banque centrale européenne (BCE) de renoncer à la distribution de son dividende.

Pas de paiement du coupon final de 2,5 euros dans la foulée de l’assemblée du 7 mai, donc. Tout n’est pas perdu pour autant. KBC évaluera, en octobre, si tout ou partie de ce dividende peut encore être versé plus tard dans l’année. Par contre, le programme de rachat d’actions propres portant sur 5,5 millions de titres est annulé.

Après avoir chuté de plus de 8% vendredi sur des rumeurs évoquant un tel scénario, l’action KBC dévissait encore de 9% ce lundi matin à 40,5 euros. Depuis le début de la crise, la valeur du titre a été pratiquement divisée par deux (-45%). ING , qui a également annoncé la suppression de son dividende, est logée à la même enseigne (-8,7%).

Valorisation difficile

"Cette mesure doit permettre de conserver 30 milliards d’euros de fonds propres de base dans le système européen et vise à soutenir la capacité des banques à absorber les pertes dans cet environnement de stress".
Albert Ploegh
Analyste chez ING

"Cette mesure doit permettre de conserver 30 milliards d’euros de fonds propres de base dans le système européen et vise à soutenir la capacité des banques à absorber les pertes dans cet environnement de stress", explique Albert Ploegh d’ING. L’analyste ajoute que mesurer la valorisation des banques dans ce contexte est un exercice difficile.

En ce qui concerne KBC, il note que le ratio de solvabilité CET1 de 16,1% en 2019 est solide. Son conseil sur la valeur reste à "acheter"  avec un objectif de cours de 67 euros. Signalons que, dans son communiqué, la banque mentionne, elle, un niveau de CET1 de 17,15%.

Chez Degroof Petercam, Bart Jooris estime que cette décision était inévitable après la recommandation de la BCE et souligne que KBC est l’une des banques européennes les mieux capitalisées. Il va réexaminer son conseil et son target sur la valeur.

Prudence chez Kepler

42,5
euros
Kepler Cheuvreux a réduit son objectif de cours sur KBC à 42,5 euros, contre 46,8 euros avant. Le conseil reste à "conserver".

Auprès de Kepler Cheuvreux, par contre, on est plus circonspect. Le broker conserve une approche prudente vis-à-vis de l’action qui s’échange avec une prime substantielle par rapport à ses concurrents, selon lui. "Avec des revenus sous pression, une augmentation des coûts de risque et des contraintes de distribution, nous pensons que le titre mérite une valorisation inférieure." Il réduit son objectif de cours à 42,5 euros, contre 46,8 euros avant. Le conseil reste à "conserver".

Notons encore qu’UBS a également revu son target à 52 euros, contre 68 euros avant, avec une "reco" inchangée à "neutre".

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