Entre syndicats et patrons des banques, les négociations sociales commencent mal

Febelfin, représentée ici par Karel Van Eetvelt, CEO, et Johan Thijs (KBC), président, reçoit le mandat de ses membres pour négocier avec les syndicats. ©Tim Dirven

Ils se sont vus à peine deux fois et déjà patrons des banques et syndicats sont à couteaux tirés dans les négociations sectorielles. Pour dénoncer cette situation, aucune action n'est prévue mais les syndicats ont décidé de l'envoi d'une lettre ouverte aux banquiers.

À peine entamées, les négociations sociales dans le secteur bancaire tournent à l'affrontement. Le front commun syndical annonce l'envoi d'un courrier officiel aux patrons des grandes banques leur demandant un changement d'attitude.

"Non, au 1,1% de marge salariale"

Mi-mai les syndicats, réunis en front commun, ont déposé leur cahier de revendications. Au programme: marge salariale, mobilité, répartition du travail... .

La situation des banques n'est pas facile. Il faut faire attention à préparer l'avenir en bonne discussion avec les salariés.
Febelfin

"Lorsque nous nous sommes vus avec les employeurs fin du mois de mai, ils nous ont dit ne pas être en capacité de nous répondre car ils n'avaient pas de mandat. Nous estimions déjà qu'ils avaient largement eu le temps de consulter", indique Jean-Michel Cappoen, SETCa.

La nouvelle réunion, organisée mardi en commission paritaire, n'a pas permis d'avancer davantage. Selon les syndicats, les banquiers ont apposé un "niet catégorique sur toute la ligne", tout en déposant leurs exigences.  Ils appellent notamment à un élargissement des plages horaires avec davantage de souplesse au niveau des prestations du week-end et des soirées.

"Insensé"

"C'est insensé. C'est un manque de respect pour la concertation sociale alors que d'autres secteurs ont conclu des accords respectant l'accord interprofessionnel conclu au fédéral par le gouvernement et les partenaires sociaux." Gouvernement et partenaires sociaux s'étaient mis d'accord au début de l'année sur un accord interprofessionnel qui prévoyait une marge salariale maximale de 1,1% pour les deux ans à venir. 

0,0%, c'est 0,0% de respect pour les efforts des employés
Elke Maes
ACV

"Nous avons déjà conclu des accords pour plus de flexibilité et nous suivons le raisonnement du secteur. Mais 0,0%, c'est 0,0% de respect pour les efforts des employés", déclare pour sa part Elke Maes, de l'ACV.

Karel Van Eetvelt, qui dirige la fédération bancaire Febelfin, dément l'absence de marge de manœuvre. "Il y a des possibilités", glisse-t-il, sans en dire davantage. Dans le chef des employeurs bancaires, on rappelle le contexte général de défis dans lequel évoluent les institutions bancaires. "La situation n'est pas facile. Il faut faire attention à préparer l'avenir en bonne discussion avec les salariés." 

Une habitude... pourtant inhabituelle

Les syndicats ont donc d'emblée décidé de réagir avec vigueur. Ils indiquent que si les patrons des grandes banques, décidant du mandat donné à Febelfin pour négocier, s'obstinent dans cette direction, il se pourrait qu'ils dénoncent des conventions mises en oeuvre à la demande des employeurs. Jean-Michel Cappoen évoque ainsi les plans cafétéria qui fleurissent dans les banques afin de réduire le cost/income ratio des institutions.

Les négociations sociales du secteur sont traditionnellement difficiles. "La négociation de la marge salariale a toujours été problématique, mais ici nous sommes dans un contexte économique plus favorable. Il suffit de voir les résultats des groupes bancaires." 

Les patrons des grandes banques ont jusqu'au 2 juillet pour répondre à la lettre des syndicats. À cette date, patrons et syndicats se retrouveront pour une nouvelle réunion en commission paritaire.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect