George Forrest cède sa banque congolaise

Au départ de l’entreprise de construction et travaux fondée par son père au Congo, George Forrest a développé un groupe diversifié et actif dans le génie civil, le BTP, l’agroalimentaire et l’énergie. ©Thierry du Bois

La vente de la Banque Commerciale du Congo constitue un nouveau jalon dans la transformation de l'empire de l'homme d'affaires belge en RDC. L'an passé, il était déjà sorti de l'exploitation minière.

L'opération était dans l'air depuis un petit temps déjà, la voilà désormais officialisée, a-t-on appris ce mercredi. L'homme d'affaires belge George Forrest, aux multiples intérêts au Congo, quitte donc complètement la Banque Commerciale du Congo (BCDC).

95
millions $
George Forrrest a cédé sa participation de 66,53% dans BCDC pour quelque 95 millions de dollars (plus de 80 millions d'euros) à Equity Group Holdings.

Il vient en effet de céder sa participation de 66,53% – l'État congolais détient, lui, une participation minoritaire de 25,5% – pour quelque 95 millions de dollars (plus de 80 millions d'euros) au groupe financier coté kenyan Equity Group Holdings (ayant pour actionnaires Rabobank, la banque de développement néerlandaise FMO, un fonds d'investissement norvégien et IFC, la branche financière de la Banque mondiale).

Une opération qui doit permettre, après fusions entre les deux acteurs, de créer la plus importante banque du pays, forte d'un bilan de deux milliards de dollars. C'est d'ailleurs là l'une des raisons principales pour laquelle le Belge a fait un pas de côté. "Je vends ma participation à Equity, dans l'espoir qu'elle devienne la plus grande banque du Congo", a-t-il déclaré.

"Je vends ma participation à Equity, dans l'espoir qu'elle devienne la plus grande banque du Congo."
George Forrest
Homme d'affaires belge

Et ce, au moment même où l'actuelle banque leader du marché, Rawbank, est pointée du doigt dans un scandale de corruption impliquant Vital Kamerhe, l'ancien chef de cabinet du président Félix Tshisekedi.

Une page (belge) qui se tourne

Pour le reste, il s'agit-là d'une page (belge) qui se tourne. Et pour cause, la BCDC a été dirigée par le Belge Yves Cuypers pendant de nombreuses années. Quand, de son côté, George Forrest a systématiquement renforcé sa participation, rachetant BNP Paribas Fortis il y a dix ans de cela.

Concernant ses projets futurs, l'homme d'affaires reste discret. Tout au plus apprend-on que d'autres développements sont à l'étude, mais qu'il est trop tôt pour en parler à ce stade.

Après tout, le groupe Forrest sort tout juste d'une profonde transformation réalisée ces dernières années. Celui-ci a ainsi complètement quitté l'exploitation minière congolaise après la fin des activités de la Société du Terril de Lubumbashi (STL) l'année dernière. Un développement qui comprenait également la deuxième plus grande fonderie de cobalt au monde.

Ces activités sont désormais entièrement entre les mains du groupe minier d'État congolais Gécamine, quand l'exploitation du réservoir minier et de la fonderie de cobalt pourraient avoir été repris par des Chinois, même si le nom de l'Israélien Dan Gertler, qui entretient de bonnes relations avec l'ancien président Joseph Kabila, est aussi mentionné.

Depuis, le groupe Forrest se concentre désormais sur la construction de routes, d'hôpitaux et d'autres bâtiments publics et privés. Il s'est aussi lancé dans le secteur de l'énergie, en particulier dans les panneaux solaires, l'hydroénergie et la construction de pylônes à haute tension.

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