Grandes manœuvres autour de Degroof Petercam

©Dieter Telemans

À brève échéance, une partie du capital de la banque privée changera de mains. Mais la refonte de son actionnariat s’arrêtera-t-elle là? Le secteur financier bruisse de rumeurs sur une vente éventuelle de la banque.

L’année 2010 a été marquée par l’entrée de la famille d’armateurs anversois Cigrang dans le capital de la Banque Degroof, un an après Cobepa. Cinq ans plus tard, le capital a de nouveau changé en raison de la fusion de la banque et de la société de Bourse Petercam. Autant de mouvements qui ont conduit à la fragmentation de l’actionnariat de Degroof Petercam.

©Mediafin

Il y a pas mal de petits actionnaires, comme les (anciens) membres du personnel et le management. Jusqu’à il y a quelques années, ils avaient la possibilité de vendre leurs titres via un "guichet de liquidité". Mais des règles plus strictes des régulateurs rendent cela impossible. "Cela conduit à un malentendu", déclare un initié. C’est pourquoi Degroof Petercam travaille sur une solution, selon différentes sources. Certains disent qu’il existe différentes options, mais d’autres affirment franchement que la banque va chercher un acheteur pour un stock d’actions pouvant aller jusqu’à 10%, voire davantage.

Bruits divers

Les mouvements de l’actionnariat de Degroof Petercam resteront-ils limités à une partie du capital? Ces dernières semaines, de tous les côtés du secteur financier nous parviennent des bruits sur une éventuelle opération portant sur l’ensemble du capital de la banque. "Doivent-ils s’engager sur la voie des rachats ou, au contraire, envisager de vendre la banque? Les deux pistes sont sur la table", dit une source. Les actionnaires de Degroof Petercam auraient même déjà mandaté une banque d’affaires pour les accompagner dans cette démarche. Mais nous n’en avons pas eu confirmation.

Investissements IT

Pour Degroof Petercam, la stratégie consistant à croître par acquisitions est tout sauf évidente au vu du peu de dossiers de rachats proposés actuellement sur le marché. Par ailleurs, la banque doit entreprendre également d’importants investissements IT après l’échec de l’intégration des systèmes informatiques de Degroof et Petercam lors de leur fusion en 2015. Et, elle doit également mettre en œuvre des moyens considérables, sur le plan informatique et juridique, pour se conformer aux nouvelles règles de transparence telles que MiFID 2.

Chiffres clés

54,8 milliards €

Actifs sous gestion

468 millions €

Revenus nets

129 millions €

Bénéfice brut

86 millions €

Bénéfice net

1.371

Nombre de collaborateurs

Tous ces efforts sont particulièrement lourds à supporter pour les opérateurs, petits et moyens, sur ce marché. C’est d’ailleurs l’ampleur des investissements à financer qui motivait déjà la vente de Petercam à Degroof il y a cinq ans.

Il ne fait guère de doute que Degroof Petercam, la plus grande banque privée indépendante du pays, suscite les convoitises. À la fin de 2017 (derniers chiffres disponibles), la banque avait près de 55 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Cette année-là s’est clôturée pour elle sur un bénéfice net de 86 millions d’euros.

Repreneurs potentiels

Les noms des potentiels repreneurs qui reviennent le plus souvent sont Belfius et ABN Amro. Le patron de Belfius, Marc Raisière, a déjà indiqué que la banque publique voulait croître dans les activités bancaires pour entreprises et le private banking. ABN Amro – qui est également en mains publiques mais est cotée en Bourse – a également une stratégie d’acquisitions. Il y a quelques mois, elle a racheté la branche belge de la banque privée de Société Générale. On nous cite également le nom de la banque privée suisse Pictet qui n’a qu’une présence limitée dans notre pays.

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