"Heureusement qu'on a transformé ING Belgique" (Erik Van Den Eynden)

Erik Van Den Eynden, CEO d'ING Belgique ©BELGA

Le CEO de la banque, Erik Van Den Eynden, se félicite "du gain en efficacité" qui permet de faire baisser les coûts, alors que les revenus n’en finissent pas d’être sous pression.

Que peut faire une banque quand les taux d’intérêt de référence végètent au plancher, quand la croissance économique se tasse et quand, par-dessus le marché, les Bourses connaissent une mauvaise passe? Il n’y a pas trente-six solutions. Vous pouvez (tenter de) faire plus de volumes (si la marge baisse, octroyer plus de crédits permet de compenser) mais, à part cela, il vous reste à réduire vos coûts.

C’est précisément ce qu’a fait ING Belgique en 2018, ressort-il des résultats financiers publiés ce mercredi. La filiale du groupe néerlandais a vu toutes ses lignes de revenus se tasser l’an dernier. C’est vrai pour les revenus nets d’intérêt, où la hausse de 6% de l’encours de crédits à 103 milliards d’euros "a presque compensé" le tassement de la marge moyenne (1,68%), mais aussi pour les commissions car les particuliers ont moins investi en Bourse. Au final, seule une plus-value de 66 millions d’euros réalisée sur une transaction obligataire permet d’afficher une légère hausse des rentrées annuelles.

"Il était très important de nous transformer pour améliorer notre efficacité"
Erik Van Den Eynden
CEO d'ING Belgique

Les revenus se tassent mais les coûts ont baissé davantage (de près de 7%) et c’est ce qui explique, avec la baisse de l’impôt, la hausse de 30% du bénéfice net réalisé en 2018 par la banque orange en Belgique, à 657 millions d’euros. Ce résultat représente 14% du bénéfice total dégagé par ING Groep pour l’an dernier (4,7 milliards d’euros, -4%).

Incertitude

La baisse des coûts, c’était l’un des grands objectifs de la maison lorsqu’elle a lancé sa grande transformation/restructuration en 2016, celle qui devait supprimer 3.500 emplois en Belgique, soit un job sur trois.

"Heureusement qu’on a fait cette transformation, affirme d’ailleurs Erik Van Den Eynden, CEO d’ING Belgique. Avec les taux qui restent sous pression, avec l’incertitude qui règne aujourd’hui sur les marchés et du côté des entreprises qui sont plus prudentes dans leurs investissements, il était très important de nous transformer pour améliorer notre efficacité."

La transformation est largement derrière à présent, du moins pour ce qui concerne la réduction et la réaffectation des effectifs. Depuis l’annonce du Big Bang, il y a un peu plus de deux ans, 1.660 personnes ont quitté la banque, dont 772 départs anticipés pour des collaborateurs de 55 ans et plus, et 392 licenciements. Dans le même temps, 4.500 personnes ont changé de fonction et la banque a recruté quelque 1.000 personnes.

Le réseau d’agences a lui aussi été complètement chamboulé (lisez: réduit), notamment parce que les 499 points de vente Record Bank (filiale absorbée en 2018) ont été supprimés. Le réseau ING compte aujourd’hui 654 agences, ce qui signifie que 600 agences (Record Bank et ING additionnées) ont disparu des rues de Belgique en deux ans.

Migration technologique

Le grand chambardement des ressources humaines devrait à présent se calmer. La suite des changements sera essentiellement technologique. Car la transformation d’ING, c’est aussi la création d’une plateforme IT unique aux Pays-Bas et à la Belgique (avant de l’étendre aux autres marchés du groupe par la suite). L’idée, en résumé, c’est que rien de fondamental ne justifie encore le maintien de plateformes nationales. En les regroupant, de substantielles économies d’échelle pourront être réalisées, estime ING.

Cette grande migration technologique se fera d’ici 2021, en commençant par une première phase soft, à savoir un nouveau site et une nouvelle app que les clients belges découvriront "au cours de l’année 2019, les tests sont en cours". Cela tombe bien car "le client belge bouge et commence vraiment à découvrir son smartphone", estime Erik Van Den Eynden. L’an dernier, le nombre de clients utilisant l’app bancaire a dépassé le million. Cela ne fait encore qu’un tiers de la clientèle mais l’adoption du mobile s’accélère très nettement.

La vraie migration, à savoir le passage des clients retail belges vers la plateforme unique (celle d’ING Pays-Bas qui est plus récente) se fera en 2020. Les entreprises suivront l’année suivante.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect