"Il est impossible que Dexia soit un jour encore bénéficiaire"

Veronique Hugues, CFO de Dexia, et Wouter Devriendt, CEO, font état d'un bilan nettement réduit tout comme la structure du groupe avec les ventes de Dexia Israël et DKD. ©BELGA

La banque résiduelle Dexia cumule certes les pertes, mais ce que souligne son CEO, c'est davantage la réduction du bilan et la simplification de la structure du groupe.

"Il est impossible que Dexia soit un jour encore bénéficiaire", déclare Wouter Devriendt, CEO du groupe, avant de retrouver ses actionnaires pour l'assemblée annuelle. Le ton est donné. Il est vrai que la banque résiduelle a terminé son annuel 2018 sur une perte de 473 millions d'euros. La contribution des éléments récurrents est négative de 210 millions. La volatilité comptable a pesé à hauteur de 144 millions et enfin, les éléments non récurrents (provisions pour litiges, impact de la vente de Dexia Israël, contribution de l'Allemand DKD...) sont dans le rouge de 119 millions d'euros.

Aujourd'hui, le patron veut aller au-delà des chiffres et montrer la satisfaction du travail accompli ces derniers mois, mais aussi ces dernières années.

En effet, Dexia représentait en 2008 un bilan gigantesque. Aujourd'hui, à force de la réduction du portefeuille financier et de simplification de la structure, la cure d'amaigrissement de Dexia se poursuit.

Il est important de réduire encore la taille et le risque de la banque. Nous oeuvrons pour un bilan à 50 milliards, où tout serait plus gérable, plus simple et moins risqué. Mais nous n'y sommes pas encore.
Wouter Devriendt
CEO de Dexia

Une fois l'Allemande DKD vendue à Helaba déconsolidé, le bilan portera à 135 milliards d'euros. Reste, poursuit Devriendt, que la taille du bilan est sujette à la fluctuation des taux du fait des swaps (ces instruments de protections contre la fluctuation des taux: des taux en recul, c'est davantage de collatéral nécessaire).   

"Il est important de réduire encore la taille et le risque de la banque. Nous oeuvrons pour un bilan à 50 milliards, où tout serait plus gérable, plus simple et moins risqué. Mais nous n'y sommes pas encore." 

La simplification de la structure va, elle aussi, se poursuivre. Après Israël et l'Allemagne, Dexia projette fin de l'année de fermer sa succursale new-yorkaise. Son bilan sera centralisé à Paris, coeur opérationnel du groupe, et à Dublin, centre de gestion des obligations du groupe.

©Document Dexia

Des garanties indispensables

"Ceci dit on parle d'un trop grand bilan et d'un groupe complexe, mais pour gérer cela nous avons des experts. Pour moi, le plus complexe dans ce groupe réside dans le fait que nous sommes supervisés par la BCE, la Commission européenne et deux actionnaires."

Cela veut-il dire que Dexia va renoncer à son statut bancaire? Wouter Devriendt répond par la négative. "Être dans un schéma bancaire a des inconvénients, mais les avantages sont plus nombreux. Cela rassure les investisseurs."

Quant à ses deux actionnaires - la Belgique et la France - il faudra faire avec, d'autant qu'en février dernier, Dexia annonçait sa volonté de demander une prolongation des garanties d'État dont le groupe bénéficie pour ses émissions. La garantie actuelle s'éteint en 2021. Or les émissions vont se poursuivre au-delà de ce terme, d'où le besoin de continuer de rassurer l'investisseur.

Sortir Dexia de la cote? Cela nécessiterait de payer beaucoup pour quelque chose qui ne vaut plus rien.
Wouter Devriendt
CEO de Dexia

Le dossier a été introduit à la Commission par la Belgique et la France. Le Luxembourg, garant jusqu'ici, ne souhaite pas prolonger. Il semble toutefois que cette garantie coûtera davantage que l'actuelle à Dexia (1% vs 5 points de base).

Enfin dernier point abordé: une éventuelle sortie de Bourse du titre Dexia. Wouter Devriendt bat en brèche. "Cela nécessiterait de payer beaucoup pour quelque chose qui ne vaut plus rien." L'homme se dit focalisé sur d'autres priorités et que cette opération verrait vraisemblablement le refus de la Commission, soucieuse de ne pas voir l'argent du contribuable utilisé pour des petits actionnaires.

Pas d'augmentation pour le président de Dexia

La polémique salariale est éteinte chez Dexia. Gilles Denoyel ne sera pas augmenté, telle est la décision du conseil d'administration, lit-on dans "La Libre".

Il y a un an, Denoyel succédait à Robert de Metz à la présidence du conseil d'administration du groupe Dexia. Alors que son prédécesseur était rémunéré 250.000 euros par an, Denoyel avait demandé une augmentation. Ses arguments: la fiscalité touchant cette rémunération faisait qu'au final, il touchait moins que de Metz. 

Robert de Metz, Français d'origine, vivait en Belgique et travaillait comme indépendant. A ce titre, il versait de sa poche ses contributions sociales.

Denoyel vit, lui, en France où la fiscalité lui ampute davantage ses revenus. Il avait donc bataillé pour obtenir un salaire net de 250.000 euros. Ce surcoût était qualifié de considérable parce que le président aurait dû être payé comme salarié de la filiale française de Dexia, d'où des contributions fiscales et sociales plus élevées. "Ce surcoût pourrait même atteindre 60%", avançait-on.

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